À la demande
du Ministre du Travail, des Relations
Sociales et de la Solidarité
et de la Secrétaire d’État chargée de la
Solidarité
Rapport
Gilbert
MONTAGNÉ
sur
|
L’inclusion des personnes aveugles et
malvoyantes dans le monde d’aujourd’hui |
Décembre 2007
Sommaire
.Education, Réeducation & Déficience Visuelle............................................. 20
Vous qui me lisez, ce n’est sans doute pas la mière fois que vous avez un rapport entre les mains.
Moi, c’est la toute mière fois qu’il m’est confié
un tel devoir et un tel honneur.
Je veux donc remercier Monsieur le ministre du
travail, des relations sociales et de la solidarité, Xavier BERTRAND, pour la totale liberté et
indépendance dont j’ai pu jouir au cours de ces quatre mois.
J’adresse également mes remerciements à Madame la
secrétaire d’État à la solidarité, Valérie LÉTARD, ainsi que tout son
cabinet pour nous avoir accueillis avec autant de chaleur.
Nous avons conduit plus de 100 auditions dans
plusieurs villes de France, ainsi que des études comparatives dans quatre pays
d’Europe.
J’aimerais remercier ici tous mes interlocuteurs
pour leurs langues qui n’étaient pas de bois pour la plupart.
Vous remarquerez que, dans ce rapport, j’utilise
maintes et maintes fois le mot « urgence » : et bien oui,
concernant le handicap visuel, je vous dirai avec beaucoup de sérénité que nous
sommes en situation d’urgence. Tout simplement parce que, ce que je propose,
entend répondre à l’urgence de l’attente des handicapés visuels et de leurs
familles.
Cette mission n’aurait certes pas eu la même teneur
sans Patrick SEGAL, inspecteur général de l’IGAS, à qui je veux dire mon
amitié.
Et vous, mon assistante, oh! combien émérite,
patiente et rigoureuse, je veux dire très haut : « grand merci !
ma Nicole MONTAGNÉ».
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1. LA
PETITE ENFANCE |
1.1
Une
redéfinition de la basse vision devra être appliquée en tenant compte, non
seulement de l’acuité visuelle, mais également du champ de vision
périphérique.
Tant
sur un plan national qu’international (cf.
OMS), si la cécité totale correspond à l’absence de toute perception
visuelle, la définition juridique de la cécité pratique (donc fonctionnelle)
fait référence à l’acuité visuelle mais aussi au champ visuel. En effet, une
bonne acuité visuelle, mais dans un champ visuel réduit à 10 ou 20 degrés, ne
permet ni d’appréhender l’espace pour se déplacer, ni d’agir visuellement pour
tous les actes de la vie quotidienne.
Il importe
donc certainement de maintenir la définition juridique de la cécité pratique,
actuellement en vigueur en France, à savoir : « la cécité pratique est reconnue lorsque l’acuité visuelle du
meilleur œil après correction est inférieure à 1/20 ou lorsque le déficit du
champ visuel dépasse 20° de chaque côté ».
1.2 Mise en place d’une structure beaucoup plus dynamique que la structure embryonnaire existante, composée de psychologues pouvant intervenir auprès des familles venant d’être frappées par l’annonce de la situation de déficit visuelle de leur jeune enfant.
Cette structure devra être mobile, pour répondre aux besoins des
familles aux niveaux régionale et départementale.
Création au sein de cette
structure d’une hot line nationale, ouverte de 8h à minuit, qui pourra diriger
les appelants vers les centres de ressource régionaux.
1.3 Multiplication de centres de
ressources régionaux dont feront partie les centres d’éducation spécialisés
pour déficients visuels déjà existants.
Ces centres ressources
auront pour mission de rassembler toutes les bonnes pratiques connues ainsi que
d’être en recherche constante d’idées novatrices dans le seul but de répondre
aux besoins de l’enfant et de sa famille.
Ø On ndra un soin
particulier pour suivre et accompagner le développement de l’enfant de 0 à 6
ans ainsi que de celui de ses parents dans cette nouvelle situation.
Ø On veillera à faciliter
l’éveil de celui-ci en nant en compte la spécificité de sa déficience
visuelle, l’épanouissement de son sens du toucher, de ses repères dans
l’espace.
Les psychologues spécialement formés à la petite
enfance n’auront de cesse de rechercher tous les outils accessibles pour
l’épanouissement de l’enfant.
Ø A l’exemple de l’Espagne : l’un des parents viendra une demi-journée par semaine avec l’enfant an centre le plus proche de son domicile.
La séance sera divisée en
deux parties : la 1ère
avec l’enfant et le parent et la 2ème avec le psychomotricien
et l’enfant seul.
Ø Il me semble tout à fait
raisonnable, d’attendre de l’employeur, qu’il
rémunère le parent pendant que celui-ci est en formation avec son
enfant.
1.4 L’enfant
sera suivi tout au long de sa scolarité par le centre ressource et s’il le
désire tout au long de sa vie d’adulte.
L’élève déficient visuel pourra
autant que de besoin y revenir pour y
accomplir tout ou partie de son année
scolaire. Il s’agit de donner le choix à cet enfant donc enfin le favoriser.
1.5 Le centre ressource accompagnera les
parents à l’intégration de l’enfant dans l’école maternelle où l’institutrice
aura été formée par le centre de ressource.
L’inclusion de cet enfant au sein de la classe devra être aussi enrichissante pour lui que pour ses nouveaux amis qui apndront sa différence et lui feront découvrir leur monde. La maîtresse en dernière année de maternelle présentera à toute la classe cette nouvelle écriture qu’on lit avec les doigts : « le braille ».
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2.
L’ENFANCE |
2.1 Quand
l’enfant fera son entrée au cours préparatoire, un instructeur de locomotion
viendra apndre à l’enfant à se déplacer dans l’école afin que celui-ci puisse fonctionner au mieux de ses aptitudes.
2.2 Une présence AVS, uniquement
si de besoin, afin d’encourager la recherche d’autonomie et le mieux être de
l’élève mal ou non voyant.
Ø Refonte urgente de la formation spécialisée des AVS. Les 60 h aujourd’hui
consacrées à cet effet sont purement et simplement ridicules !!. Il s’agira d’une formation de 300 h minimales
rémunérées à juste titre. On veillera tout particulièrement à instruire les
futures AVS sur la spécificité de chaque famille de handicap ; ce qui
n’est pas, en tout état de cause aujourd’hui, le cas (à ce jour, un seul centre
de formation en France...).
Ø Création d’un référentiel
métier.
Ø Le métier d’AVS doit avoir
valeur de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).
Ø Création d’une convention
par l’Éducation Nationale.
Ø Communication et promotion
pour motiver les jeunes à devenir AVS en proposant, si besoin, des avantages
tels que des unités de valeurs, des bourses, des facilités de logement auprès
des CROUS pour les étudiants et pour les autres bénéficiant de la VAE.
2.3 L’enfant
débutera l’apntissage du braille via le centre ressource ainsi que la
lecture en « noir et gros
caractères » si celui-ci dispose d’une vision résiduelle.
2.4 Pour la
bonne scolarité de l’enfant, on veillera à ce que les éditeurs libèrent les
fichiers source de leurs ouvrages afin que disparaisse pour toujours cette
discrimination horrible envers l’accès des enfants et adultes déficients
visuels aux livres ; donc à la connaissance.
2.5 On veillera également, et tout particulièrement, à ce qu’un réel
soutien ait lieu concernant la production de livres adaptés.
En effet, beaucoup d’illustrations et de graphismes habitent les ouvrages et doivent être lisibles pour les enfants mal et non voyants.
2.6 Les professeurs de
l’enseignement primaire, secondaire et universitaire seront venus se former
dans les centres ressources aux besoins pédagogiques de l’élève mal ou non
voyant de sorte que son arrivée en classe soit au mieux préparée.
Cette formation sera prise en charge par l’éducation nationale car c’est bien l’éducation nationale qui aura la charge d’éduquer l’élève non ou malvoyant au titre de l’inclusion pleine et entière de celui-ci dans le monde éducatif.
Je veux vraiment insister sur le fait que les budgets consacrés à l’éducation de l’élève handicapé doivent être considérés, avec énormément de soin, pour qu’ils ne soient revus qu’à la hausse ! car minorer les sommes consacrées à l’éducation de l’élève handicapé visuel, c’est pour le coup vraiment le surhandicaper pour toujours. Alors, oui, laissez-moi crier cette priorité.
2.7 Dès
que possible le centre ressource formera l’enfant aux techniques de
l’informatique : clé indispensable aujourd’hui pour son intégration
et en amont une demande aura été faite pour l’acquisition de ce matériel adapté
à sa déficience afin qu’il puisse en disposer dès que besoin.
2.8 Si les parents d’un déficient
visuel achètent un ordinateur, le constructeur ou l’assembleur fournira un
lecteur d’écran ainsi qu’un logiciel vocal à l’intérieur de celui-ci au titre
de devoir répondre à la vente d’un produit fait pour tous.
Ceci bien sûr sans surcoût
comme cela se produit lors de l’achat d’un GPS que l’on utilise ou non sa
synthèse vocale !.
Ø Son équipement informatique
dont la maintenance sera assurée par des spécialistes des technologies pour
déficients visuels veilleront à sa mise à jour et le centre de ressource devra
renouveler ce matériel tous les 5 ans.
2.9 Avec
l’accroissement de la vocalisation des appareils, le monde des fabricants ne
peut plus ignorer ce mode d’accès de moins en moins coûteux de par la
technologie « text to speach »
qui répond à la demande de produits conçus pour le plus grand nombre.
Rappelons que les aveugles
n’ont aucun contrôle sur un écran tactile !!!
2.10 Au dernier jour de la
mission, nous avons visité avec bonheur l’Institut
National Supérieur de Formation et de Recherche pour l’Éducation des Jeunes
Handicapés et les Enseignements Adaptés : INSHEA (centre unique en
France).
C’est pourquoi, je voudrais
me faire le porte-parole d’une idée qui est très chère dans l’esprit de tous
les formateurs ainsi que de sa directrice, Madame Céleste, dans le projet de
création d’une fondation de la recherche qui regrouperait donc toutes les
connaissances qui foisonnent par l’expérience des spécialistes au sein de cet
Institut.
3.
L’ADOLESCENCE
|
3.1 Il est urgent, dès la classe de troisième que le monde de
l’entreprise vienne communiquer aux élèves voyants et non voyants sur les
possibilités d’emploi pour que ceux-ci nnent confiance dans l’avenir qui
doit leur appartenir.
3.2 Il est également urgent que le monde
universitaire vienne dans les classes secondaires informer les élèves voyants
et malvoyants des filières d’avenir.
Comme il sera tout aussi important pour les élèves
du secondaire, pendant l’année du Bac, de se rendre sur les lieux de
l’université ssentie afin qu’ils évaluent son accessibilité et ses
technologies adaptées.
Notons, une fois de plus,
qu’il est urgent que les professeurs de l’enseignement primaire, secondaire et
universitaire, viennent se former auprès des centres ressources à la
verbalisation des informations sur écrans ou tableaux.
3.3 Quant aux logements
universitaires, il y a un retard criant dans notre pays sur la prise en compte
des personnes en situation d’handicap visuel !. Ils devront d’urgence être
rendus accessibles et donc de ce fait adaptés aux mal et non voyants.
Un message doit passer à la
population étudiante pour que, s’agissant des cuisines collectives, les objets
soient rangés au même endroit après usage.
4. LES CHIENS GUIDES
|
4.1 Dès que l’adolescent en fera
la demande, une évaluation sera faite par l’école de chien guide agréée afin de
déceler si la personne est assez mature pour réellement ndre bon soin de
l’animal.
La station financière en
vigueur devant faire face à l’entretien du chien sera majorée pour répondre au
coût actuel de celui-ci.
4.2 Il est nécessaire, comme nous en alertent les associations, qu’un statut
soit créé pour les chiens guides.
4.3 A
l’intérieur des véhicules taxis, il sera clairement écrit qu’aucun chauffeur,
sous quelque prétexte que ce soit, ne pourra refuser un chien guide et son
maître dans le véhicule. Ce qui reste toujours trop souvent le cas aujourd’hui.
4.4 Si le maître du chien se
trouve à avoir recours aux services d’urgence, le chien disposera d’une
plaquette autour du cou indiquant un numéro vert (centre d’appel) qui les
dirigera vers un chenil spécialement agréé.
Ø En cas de consultation à
l’hôpital, l’établissement aura prévu un espace aménagé pour le chien guide à
cet effet.
Ø Il en sera de même dans le
monde de l’entreprise au cas où l’employeur jugerait incompatible la présence
du chien aux côtés de son maître.
4.5 Si l’employé
mal ou non voyant doit avoir une formation,
lors de l’obtention d’un nouveau chien guide, son temps d’absence ne
devra pas être décompté de son salaire.
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5.
ACCESSIBILITÉ |
5.1 Les normes d’accessibilité
prévues par la loi de 2005 restent une avancée incontestable mais devront être
urgemment appliquées voir améliorées !.
En clair :
Ø la signalétique en brailles,
gros caractères et lettres contrastées ;
Ø les bandes d’éveil de
vigilance avant le début et après la fin d’un escalier ;
Ø normaliser d’urgence ces mêmes
bandes d’éveil de vigilance ainsi que les bandes de guidage au sol
podotactiles ;
Ø vocaliser d’urgence :
o
les visiophones ,
o
les ascenseurs,
o
toutes les bornes libre service,
o
les distributeurs de toute nature,
Ø généraliser d’urgence la
vocalisation de tous les feux tricolores, qui ne le seraient pas encore, ainsi
que pour les traversées en deux temps et prévoir
une bande d’éveil de vigilance podotactile horizontale délimitant ces deux
portions de traversées,
Ø faciliter le cheminement sur la voirie en supprimant tous les poteaux des trottoirs (ceux-ci étant censé empêcher les véhicules de stationner) ce qui crée un surhandicap sévère pour la population déficiente visuelle et de les remplacer par des poteaux virtuels, matérialisés par de minuscules capteurs en mode wifi, sans embase au sol, situés à plus de 2.20m de hauteur qui alerteront immédiatement les services de police au cas où un véhicule contrevenant viendrait stationner.
5.2 Tant
que, d’une part, les 22 écoles d’architecture seront autonomes et qu’elles
n’appliqueront pas le même programme de formation sur l’accessibilité, et que,
d’autre part, ces formations initiales ou continues resteront non obligatoires,
surtout quand nous apnons que leur durée est généralement regroupée en 3
jours, le monde de l’architecture et du bâtiment ne construira pas l’édifice de
l’accessibilité mais celui du surhandicap.
6. TRANSPORTS
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Généraliser
d’urgence la
vocalisation des points d’accueil principaux dans les gares, aéroports,
stations de métro et bus !.
Mise en place
d’urgence
d’un système de transport adapté à tarif réduit pour personne déficiente
visuelle, à travers un centre d’appel à l’image du p.a.m de Paris, sur le plan
national, et pouvant être emprunté par tout utilisateur, qu’il réside ou non
sur le lieu de la commune du transport, sur présentation de sa carte
d’invalidité par exemple.
Ø Une demande criante de la
part de toute la communauté déficiente visuelle :
o généralisation urgente de l’annonce de chaque station à l’intérieur
de la rame !
o
accroissement urgent de la vocalisation et du nombre de mise en
place des appareils NAVIGO et autres,
Ø Pour la réduction tarifaire
métro et bus ; que les régies de transports, sur le plan national,
s’harmonisent envers tous les détenteurs de carte d’invalidité à 80 % et +
qu’ils résident ou non dans la ville où s’effectue leur trajet,
Ø Pour les bus, positionnement
vocal des arrêts,
Ø A l’abri bus ; mise en
service urgente de la vocalisation des lignes desservies et ceci à la demande
de l’usager grâce à la télécommande universelle remise aux non et malvoyants +
meilleure visibilité des itinéraires-plans pour les mal et non voyants.
Ø Pour les réservations par
téléphone : permettre l’exonération des appels surtaxés au travers de la carte
France Télécom qui offre la gratuité des communications vers les renseignements
téléphoniques pour les déficients visuels et ceci depuis des années,
Ø Mise en accessibilité
urgente du site SNCF ainsi que tous les autres sites des compagnies de transports,
Ø Vocalisation de toutes les
bornes libre service pour que ce service devienne vraiment libre pour les
aveugles et malvoyants,
Ø Offrir une réduction de 50% en 2ème classe comme en 1ère
classe dans le cas où le déficient visuel voyage seul,
Ø Suspendre le compostage du
billet car cela crée un surhandicap stupide vu la grande difficulté à localiser
les machines à composter,
Ø S’assurer que le personnel
d’accompagnement sur les quais de chaque gare est bien présent du mier train
le matin, jusqu’au dernier train le soir et ceci sans aucune exception,
Ø Repères vocalisés à
l’approche des portes communicantes des voitures afin de faciliter le
déplacement des personnes handicapées visuelles à l’intérieur du train ainsi
que la vocalisation de la porte des toilettes grâce à la télécommande
universelle remise aux non et malvoyants,
Ø Urgence !!! Aujourd’hui encore, dans les trains, la porte opposée au quai n’est
toujours pas condamnée ; ce qui a, dans le passé, provoqué la mort de
plusieurs aveugles. Il est donc nécessaire de prévoir, faute de mieux, un
dispositif sonore interdisant son franchissement à l’ouverture de celle-ci.
Ø Réduction de 50% sur les
vols domestiques quand le passager déficient visuel voyage seul,
Ø A bord, repère gros
caractères et braille sur le bouton d’appel, idem pour les rangées juste en-dessous et
au centre de la fermeture du compartiment bagages,
Ø Mise en accessibilité, grâce
au système audio-description de la console multimédia, des menus (programmes,
films etc..),
Ø Recherche par ADP, KLM-AIR
FRANCE… d’emplois novateurs pouvant être occupés par des aveugles ou
malvoyants.
Ø Apposition d’une plaquette
braille et gros caractères à l’arrière du dossier avant comportant le numéro
d’identification du chauffeur en cas de plainte du passager,
Ø Rappel des consignes pour la
pleine acceptation des chiens guides à bord du véhicule (voir rubrique « chiens
guides »).
|
7.
TOURISME ET HANDICAP |
Puisque nous faisons bien
partie des touristes, nous n’entendons plus demeurer handicapés par une
association qui malgré sa volonté n’est composée que de bénévoles et surtout
sans moyens réels !
Puisque le sigle
« tourisme et handicap » est un sigle d’État, il me semble tout
naturel qu’une véritable agence rattachée au secrétariat d’État au tourisme,
avec un vrai budget, volontaire, existe rapidement et qu’elle se
nomme : « Tourisme et Handicap ».
Je pense qu’il serait juste
que les hôtels et restaurants non accessibles reçoivent de la part du
secrétariat d’État au tourisme, via « Tourisme et Handicap », la
ferme recommandation de le mentionner sur leurs dépliants publicitaires et
panneaux extérieurs. Ceci, bien sûr, dans la seule intention qu’ils se rendent
accessibles aux personnes handicapées, de toute nature, le plus rapidement
possible.
Quant aux hôtels, il est
crucial que l’on comnne l’usage du vocal pour le repère dans le déplacement (braille, gros caractères
et vocalisation des points d’accueils, ascenseurs, numéros de chambres, etc...).
Enfin, en ce qui concerne
les restaurants, la vocalisation des cartes et menus est une chose très
simple grâce à un lecteur mp3 dans lequel le responsable aura pris le
soin d’enregistrer les menus et cartes, ce qui lui permettra de les mettre à
jour quand bon lui semble.
8. EMPLOI
|
Ø Penser à une catégorie
intermédiaire
pour les handicapés visuels, par rapport à la nouvelle définition de la loi de
2005, car « handicapé lourd »
ne semble vraiment pas correspondre à la situation des mal et non voyants. De
surcroît, cela les pénalise vis-à-vis du monde des employeurs qui reste encore
trop fermé à leur égard,
Ø Ouverture de positions clefs, à qualification égale avec
leur collègue voyant, pour les déficients visuels,
Ø Autant dans le privé que
dans le service public, adaptation immédiate pour les mal et non voyants
des interfaces au cours de l’évolution de celles-ci,
Ø S’agissant des travailleurs
déficients visuels employés à mi-temps, un réajustement de leur pension
est plus que souhaitable pour que la minoration appliquée sur les stations
sociales reçues, soit réétudiée afin qu’ils ne soient injustement pénalisés,
Ø Au titre de l’incitation à l’emploi, je pense normal de demander que la prime de 1.600 € versée à l’employeur pour chaque nouvel employé déficient visuel, soit divisée comme suit : 1 000 € à l’employé et 600 € à l’employeur.
9. MDPH
|
Ø Comnant que ce guichet
unique est encore récent, je note cependant une trop grande disparité
parmi les MDPH. En
effet, il est choquant de constater, que quel que soit l’endroit où l’on
habite, cela ne semble pas donner accès nécessairement aux mêmes droits ou
stations,
Ø Les MDPH doivent
communiquer entre elles bien plus qu’elles ne le font actuellement et
partager leurs bonnes et mauvaises expériences pour donner de l’essor à leur
mission qui reste éminemment cruciale à cause, en effet, du guichet unique. Je veux parler d’une plus
grande qualité d’écoute aux appels des handicapés traumatisés par leur situation ;
cela découle sûrement d’un manque de personnel…
Ø Veillons surtout à ce que
ces Maisons Départementales des Personnes Handicapées ne deviennent jamais des
maisons départementales de la détresse non entendue !
Ø Pour éviter cela, on pourrait imaginer un pôle d’accompagnement et de guidance régionale éclairé par la CNSA, un représentant préfectoral et un représentant du monde associatif.
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10.
LEGISLATION |
Ø Afin d’accomplir pleinement
son devoir citoyen : disposer d’une machine à voter par bureau
accessible en mode vocale,
Ø Rendre le macaron GIG-GIC
électronique (carte à puce) afin qu’il soit infalsifiable. Ne serait-ce pas également
une belle idée que de rassembler les quatre familles de handicap sur le même
sigle ?
Ø Demande d’enlèvement
immédiat et prioritaire pour tout véhicule stationnant dans les emplacements réservés,
Ø Pour tous documents
officiels :
procès-verbaux, dossiers médicaux, dépositions signés devant notaires, avocats,
etc. prévoir préalablement une copie en audio mp3 ou braille, ou gros
caractères afin de supprimer l’humiliante présence obligatoire de témoins.
Ne sommes-nous pas des citoyens à part entière et sain d’esprit ?
Ø Lors
d’un divorce : le Juge des Affaires Familiales ou tout magistrat ne
devrait plus considérer que le fait du handicap visuel d’un des deux parents
rende trop souvent non recevable la demande de celui-ci quant à la garde de son
enfant. Ce rejet automatique ne serait-il pas jugé comme discriminatoire ?
De plus, la personne handicapée visuelle ne serait-elle pas une personne
citoyenne en pleine mesure d’élever son enfant ?
Ø Pleine reconnaissance du
témoignage auditif dans affaires judiciaires,
Ø Priorité aux personnes
handicapées visuelles de l’accès au logement en centre-ville,
Ø Supprimer
immédiatement la surprime exigée par les assureurs envers les handicapés visuels
et, notamment, au sein des banques pour obtention de crédits immobiliers,
Ø Interdire la tendance aux refus
d’accès des personnes déficientes
visuelles aux maisons de retraite car, trop souvent, il leur est objecté que
celles-ci ne sont pas préparées à les recevoir !
Ø En plus des stations financières prévues par la loi de 2005, il me semble urgent d’octroyer à l’un des deux parents d’un enfant déficient visuel une station spécifique pour venir compenser le dévouement tout particulier qui est la clef de l’épanouissement de l’enfant et de son devenir en tant qu’adulte. C’est pourquoi, quant l’un des parents arrivera à l’âge de la retraite, cette station se transformera en trimestre de cotisation améliorant ainsi les conditions de vie de ces personnes,
Ø Si l’enfant est en situation de poly-handicap, n’est-il pas naturel de prévoir une aide financière supplémentaire pour les parents de celui-ci ?
Ø
Dans un souci de sécurité, rendre
exigible par tous les employés de la poste, de la police, des pompiers, EDF,
etc. de présenter une carte professionnelle avec leur numéro
d’identification, ainsi qu’un numéro de téléphone pour vérification, en braille
et gros caractères,
Ø
Exonération totale de la tva sur les outils
adaptés pour la déficience visuelle.
Ø
Obligation pour
les médecins, chirurgiens, de se soumettre à un contrôle ophtalmologique alors qu’aujourd’hui rien ne les y obligent… Ces
merveilleuses vocations ne sont-elles pas à « haut risque » tel que pilote de ligne, tireur d’élite…
11. MÉDIA
|
Ø Demande très forte de la
population déficiente visuelle : à l’instar de la chaîne Arte, étendre
d’urgence le procédé d’audio description à toutes les chaînes de télévision
française. Notons que le coût d’un long métrage de 2 H est d’environ de
6 000 € et que ce processus reste une vraie pépinière d’emplois,
Ø Il est urgent aussi que le monde du cinéma comnne
que les déficients visuels ne demandent qu’à être inclus dans la globalité du
public et que l’on nne en compte leurs désirs de cinéphiles,
Ø Il est tout aussi urgent de vocaliser
les menus des DVD pour que les déficients visuels puissent naviguer dans ce
monde multimédia.
12. TECHNOLOGIE
|
Ø Elles doivent d’urgence
mettre en accessibilité vocale leurs distributeurs automatiques de billets
à l’instar de la BNP qui, à ce jour, en compte 700 sur tout le territoire et
augmente ce nombre chaque semaine,
Ø Il est également très
important que les organismes bancaires rendent accessibles la consultation
des comptes sur internet pour les non et malvoyants qui font bien partie de
leurs clients,
Les radios numériques : voilà un bel exemple de cécité psychologique ! Les
concepteurs d’un mode de communication novateur ont paradoxalement déjà mis
tout un public déficient visuel au rebut. Sans réaction urgente du
ministre de la culture et des concepteurs du système DRM et sans la
vocalisation des écrans radios numériques, on coupe les ailes des
consommateurs déficients visuels. Où est l’inclusion ?
Le
Web
Nous avons là une véritable ouverture des portes du
possible ! Il reste pourtant inacceptable que bien trop de sites, autant
publics que privés, restent inaccessibles pour le monde des déficients visuels.
Pourtant, ce n’est pas faute de normes internationales (w3c),
Il est donc urgent que la CNIL condamne fermement
leur non-accessibilité, ce qui représente une véritable discrimination au
savoir !
Je demande, qu’au minimum, le degré d’accessibilité de chaque site soit apposé en haut de la page d’accueil. Cette disposition pourrait être accompagnée par un organisme reconnu tel que « braille.net ».
Par lettre du 2 août 2007, les ministres Xavier
Bertrand et Valérie Léotard demandaient à Gilbert Montagné de mener une
mission, avec le concours d’un membre de l’inspection générale des affaires
sociales, sur les actions qui s’imposent aux pouvoirs publics pour mieux
ndre en compte les besoins particuliers des personnes aveugles et
malvoyantes.
Parmi les difficultés spécifiques rencontrées, on
relève celles liées à l’accessibilité du cadre bâti et des transports, la
scolarité, la formation, l’accès à l’emploi, à la culture dominée par le monde
du livre, de l’audiovisuel ainsi que des nouvelles technologies.
Il est demandé également de faire des propositions
tant en matière législative que réglementaire dans le domaine de l’offre de
services en s’appuyant au besoin sur des comparaisons internationales.
Pour établir ses constats et étayer ses
recommandations, la mission procédera à l’exploitation de bases de données
nationales et internationales pour délimiter le contour des deux populations, à
savoir celle les aveugles et celle des malvoyants.
Sur 750 000 naissances, 100 000 personnes
connaîtront des problèmes de vision.
600 000 personnes sont considérées comme
déficientes visuelles, mais seules 220 000 sont considérées comme malvoyantes.
100 000 sont en âge de travailler.
4 aveugles sur 5 vivraient des stations sociales.
Dans une étude de 2002, l’OMS évoque un nombre de
15,5 millions de déficients visuels en Europe pour une population de 877 900
000 personnes, soit un taux de 1,76%.
Aujourd’hui notre pays compte 1,5 million de
déficients visuels (enquête HID), soit 29 pour 1000 habitants, dont 932 000
malvoyants moyens et 207 000 aveugles/malvoyants profonds, dont environ 80 000
aveugles.
La prévalence des déficiences visuelles augmente
progressivement à partir de 60 ans et plus encore à partir de 80 ans. 20 % des
personnes âgées de 85 à 89 ans auraient ainsi une déficience visuelle. Elles
seraient 38 % à partir de 90 ans.
La proportion de personnes âgées est d’autant plus
importante que la déficience visuelle est sévère : 61 % des aveugles et
malvoyants profonds sont âgés de 75 ans ou plus, alors que cette proportion
atteint 45 % pour les malvoyants moyens et moins de 20 % pour les malvoyants
légers.
La prévalence des déficiences visuelles est plus
élevée en institution qu’en domicile ordinaire.
La très grande majorité des déficients visuels vivent
en domicile ordinaire (d’où la nécessité urgente de répondre aux problèmes
d’accessibilité liés à leurs besoins spécifiques), 16 % des aveugles et
malvoyants profonds, 12 % des malvoyants moyens et moins de 3 % des malvoyants
légers vivent en institution.
Quatre déficients visuels sur cinq déclarent une ou
plusieurs autres déficiences.
Un déficient visuel sur cinq déclare bénéficier
d’une reconnaissance administrative.
Toutes déficiences visuelles confondues, 21 % des
déficients visuels (359 000 personnes) déclarent qu’un taux d’invalidité ou
d’incapacité a été reconnu par la sécurité sociale ou les MDPH. 18 % des déficients visuels (300 000
personnes) déclarent posséder une carte d’invalidité et 15 % perçoivent une
compensation financière en raison de problèmes de santé.
42 % des aveugles et malvoyants profonds ont déclaré
une reconnaissance d’un taux d’incapacité ou d’invalidité, contre 25 % des
malvoyants moyens et 7 % des malvoyants légers.
En ce qui concerne les personnes aveugles et
malvoyantes dont le nombre ne cesse de croître en raison du vieillissement de
la population, la mission s’efforcera de dresser un état des lieux, de
s’appuyer sur les analyses des experts médicaux, des représentants
d’associations, des services de l’État, des services décentralisés, des
municipalités et de toute organisation internationale spécialisée en la
matière.
La mission consciente de l’ampleur du champ à
observer se concentrera entre autres sur les innovations technologiques en
faisant apparaître l’état des recherches ainsi que les pratiques communautaires
des pays ayant entrepris des politiques d’inclusion
(« mainstreaming »).
En s’appuyant sur la loi du 11 février 2005 et sur
les exemples des pays de l’Union, la mission s’efforcera de pointer les
dysfonctionnements, par principe contraire à la loi, puisque celle-ci prône
« l’égalisation des chances ainsi que la citoyenneté », ainsi que les
avancées technologiques et matérielles disponibles ou en voie de l’être. Il est
à souligner que tout ce qui est fait pour les personnes handicapées, visuelles
ou autres, profite « in fine » à l’ensemble de la population, qui tôt
ou tard sera confrontée aux problèmes liés au vieillissement.
La mission entend rencontrer tous les opérateurs en
mesure de faire progresser la technologie, l’inclusion, ainsi que les
responsables de l’aménagement des conditions de vie.
Sous le vocable « accessibilité » se cache
une très grande diversité de thèmes, allant du bâti aux transports, ainsi
qu’aux moyens de communication et bien sûr à la scolarité et à l’insertion
professionnelle.
Force est de constater que la loi du 11 février 2005
est à de nombreuses reprises contredite par ceux qui n’ont pas encore pris la
mesure de la place qu’occupe au quotidien les personnes en situation de handicap
dans notre société.
Les constats |
De nombreuses évaluations chiffrées concernant les
déficients visuels[1] existent, mais elles sont parfois obsolètes
et contradictoires selon les critères retenus pour définir les handicaps et la
représentativité de la population étudiée.
On estime à un peu plus de 1 personne sur 1000 la
proportion des aveugles en France, soit entre 70 et 77 000 personnes, dont 20
000 enfants et 50 à 60 000 adultes de plus de 60 ans.
22 % des déficients visuels ont moins de 60 ans et
76 % plus de 61 ans.
50 millions, dont 10 millions sévères en Europe et
aux USA avec 25 % de taux de prévalence en ce qui concerne la DMLA chez les
personnes de plus de 75 ans. Dans 25 ans 5 Millions de personnes seront
concernées par la DMLA.
La population atteinte de cécité totale est en
régression grâce aux effets bénéfiques des progrès thérapeutiques, en revanche
l’on dénombre une augmentation des handicaps visuels associés ayant un
retentissement sur l’efficacité de l’aide apportée en termes de compensation.
Parmi les 80 000 aveugles, 15 000 environ ont appris
le Braille, mais seulement 7000 le pratiqueraient (moins de 10%). La population
en âge de travailler s’élèverait à 15 000 personnes parmi lesquelles 2500
pratiqueraient le Braille. (source : rapport B. Descargues 2000).
|
Classification OMS du handicap visuel |
En France, la cécité se définit légalement comme une
acuité visuelle inférieure à 1/20ème ou à un champ visuel inférieur
à 10°.
|
Catégorie 5 |
Cécité absolue : pas de perception lumineuse, comnant l’absence d’œil. |
|
Catégorie 4 |
Acuité visuelle corrigée binoculaire à 1/50ème mais perception lumineuse préservée ou champ inférieur à 5°. |
|
Catégorie 3 |
Acuité visuelle corrigée binoculaire inférieure à 1/20ème et supérieure ou égale à 1/50ème. |
|
Catégorie 2 |
Acuité visuelle corrigée binoculaire inférieure à 1/10ème et supérieure ou égale à 1/20ème. |
|
Catégorie 1 |
Acuité visuelle corrigée binoculaire inférieure à 3/10ème et supérieure ou égale à 1/10ème avec un champ visuel d’au-moins 20°. |
Les chiffres avancés méritent la plus grande
prudence, car selon les critères OMS ou autres, on peut aisément augmenter ou
minorer le nombre de personnes concernées. Il en va de même pour l’ensemble des
personnes handicapées (enquête HID).
L’Enseignement |
En 2004, environ 96 400 enfants
en situation de handicap étaient scolarisés dans le mier degré dont 58 000 dans une classe ordinaire. 37 000
fréquentent une CLIS. 62 % de l’ensemble de cette population est atteint d’une
déficience intellectuelle ou mentale.
En 2004, 37 400 enfants ou
adolescents étaient scolarisés dans le second degré, dont 67 % en intégration
individuelle. En second cycle ce pourcentage s’élève à 97 %.
Les établissements hospitaliers,
médico-éducatifs et médico-sociaux accueillent 117 240 enfants et adolescents
en 2004, 74 490 d’entre eux sont scolarisés pour toute l’année scolaire dans
les établissements. 88 % des enfants sont scolarisés en établissement
médico-éducatif, dont 64 % en institut médico-éducatif (IME).
Dans l’enseignement supérieur, on
recense à la rentrée 2003 un peu plus de 7 500 étudiants en situation de
handicap, dont plus des 4/5ème sont à l’université (22,5 % sont
atteint d’un handicap physique).
Comme chaque année, on peut
estimer que les chiffres ne représentent pas l’exacte réalité, un nombre
important d’étudiants ne souhaitant pas être recensés comme porteurs d’un
handicap.
L’enquête portant sur l’année
2005-2006 recense 8 411 étudiants handicapés ou malades.
Les renseignements émanent de 22
académies sur 32, de 75 universités sur 88, de 36 écoles sur 79, de 19 IUFM sur 32.
Répartitions
des étudiants handicapés par grands types de handicap :
Ø Handicap
moteur : 20%
Ø Déficience visuelle :
14%
Ø Déficience
auditive : 10%
Ø Trouble
de santé : 23%
Ø Trouble
du langage : 5,4%
Ø Trouble à
dominante psychologique : 11%
Ø Incapacité
temporaire : 4%
Ø
Autre handicap : 13%
Dans les universités, il y avait
en 2005-2006, 1 044 étudiants déficients visuels dont 250 non voyants.
Parmi les 160 000 élèves
scolarisés, on dénombre 4 310 élèves présentant des déficiences
visuelles :
Ø 2181 sont dans le mier
degré,
Ø 2129 dans le second degré,
Ø 450 sont dans des structures
collectives (milieu spécialisé),
Ø les autres sont en milieu
ordinaire (soit 85 %).
Le système scolaire français est le plus émietté
d’Europe, d’où la complexité d’intégrer des élèves déficients visuels dans des
écoles de village où il n’y a que 20 élèves.
Le nombre total d’étudiants malvoyants des
universités s’élève à 1 219 dont 250 aveugles, soit une hausse de 30 étudiants
par rapport à 2005-2006.
Il serait souhaitable que dès la seconde les élèves
soient fortement sensibilisés au sein même de leurs établissements par le monde
de l’emploi et de l’enseignement supérieur.
La loi rend obligatoire l’accessibilité des ERP à
l’horizon 2015. Qu’en est-il des espérances des étudiants déficients visuels
voulant poursuivre les études de leur choix, alors que l’accessibilité de ces
lieux reste dramatiquement absente ?
Afin de connaître les besoins des élèves en
situation de handicap, l’Éducation nationale a mis en place en 2007 un numéro
Azur (0 810 55 55 00) mobilisant 20 personnes. 100% de réponses ont été
fournies, dont 95% le jour même, le reste sous 48 h.
Parmi ces personnels ont dénombre : 2
enseignants (ETP), dont une enseignante spécialisée elle-même handicapée, 3
contractuels et personnels au standard ainsi que personnel support.
Budget 150 000 €/mois (en masse salariale) plus un
bureau et un standard téléphonique.
Parmi les 2500 appels :
Ø 49 % portent sur le rôle des
AVS.
Ø 30 % portent sur le
fonctionnement des MDPH.
Les cadres de terrain constatent que l’offre de
réponses réduit les crispations entre les usagers et l’administration
|
Les AVS |
·
Recrutement : après un entretien d’embauche parmi les titulaires
du bac. 30% sont étudiants. Les titulaires du BAFA sont favorisés.
·
Sur la période 2006-2007 un candidat sur deux a été accepté.
·
Formation : 60 heures sans formation spécifique type
(apntissage du braille, technique d’évaluation des besoins d’un enfant
déficient visuel) avec notion de connaissances des dispositifs des CLIS et UPI.
·
Rôle : accompagnement de l’élève pour permettre de vivre le
quotidien à l’école.
·
Contrat de travail : SMIC sur 26 heures soit 900 €/ mois.
|
Constat L’AVS n’est pas la panacée du fait de son manque
de formation spécialisée (60 heures : reconnu comme insuffisant), du
risque potentiel qu’elle représente dans l’apntissage de l’autonomie en se
substituant à l’élève déficient visuel, de son manque d’attractivité vu
l’absence de contrat de travail cohérent en relation avec ses responsabilités
(absence de référentiel métier). |
|
L’ANPEA (Association
Nationale des Parents d’Enfants Aveugles ou gravement déficients visuels avec
ou sans handicaps associés) |
L’association possède 5 établissements regroupant
300 enfants. Le dernier en date est celui d’Évry « IME Jean-Paul ».
Les financements ne semblent pas pérennes, ni même
alignés sur l’évolution du coût de la vie (dotation équivalente à celle de
2001). Le budget alloué par le CROSMS en 2001 pour le fonctionnement de l’IME
« Jean-Paul » était de 4 110 000 € soit 68 580 € la place.
La mission relève qu’il devient urgent de prévoir
dans les schémas régionaux d’organisation sociaux et médico-sociaux des crédits
pour la création de structures pour adultes aveugles ou déficients visuels avec
handicaps associés.
L’établissement « IME Jean-Paul » a une
capacité de 60 places mais n’accueille que 40 enfants alors qu’il y a une liste
d’attente d’une vingtaine d’enfants faute de financement.
Le transport des enfants assuré par le GIHP pose un
réel problème dû à la spécificité des handicaps associés et nécessitant un
traitement au cas par cas, d’où le coût de la prise en charge de 600 000 €/an
pour 60 enfants, doublé d’un problème de frontières géographiques
départementales. Là encore les limites départementales montrent la faiblesse du
dispositif des MDPH qui ne s’inscrivent pas dans une perspective régionale faute
de coordination.
La DGAS indique que la tarification ainsi que le
changement de service de transport ne doit pas exister au sein d’une même
région ; ce à quoi la mission répond qu’ils doivent être uniformes et ne
peuvent pas changer quelque soit les régions.
L’association consciente de travailler sur les mêmes
problématiques que d’autres aimerait mutualiser les moyens afin de faire
baisser les coûts de gestion et de mettre en avant les besoins des enfants avec
des handicaps visuels associés.
Afin d’assurer la pérennité du travail accompli, il
serait souhaitable que les tutelles autorisent les frais de siège s'élevant
pour l'ANPEA a 1,66 % du budget brut total des établissements et services gérés
par l’association.
L’association projette de créer un pôle ressources
appelé « Centre national de recherche et de documentation familiale sur le
handicap visuel », afin de répondre par courrier, par mail ou au téléphone
à toutes les questions posées par les familles ou individus le contactant, notamment
pour apporter un soutien moral à ceux qui découvrent la cécité et handicaps
associés de leur proche (800 demandes/an). Les interrogations concernent des
domaines variés (juridique, scolaire, psychologique, social, administratif,
médical…). L’association réclame un financement pérenne pour mettre en place ce
pôle ressources.
Parmi les besoins on relève celui de la nécessité de
la gratuité des supports pour l’école (coût de l’édition adaptée et pauvreté
des titres dues aux problèmes de droits qui doit être urgemment ouvert à
l’édition scolaire enfin libérée).
Il y a à ce jour moins de 8 % des ouvrages édités en noir et en braille et
moins de 2% en ce qui concerne les livres destinés aux enfants). Aujourd’hui
l’aide apportée par le Ministère de la Culture et de la Communication à
l’édition adaptée est de l’ordre de 150 000 € par an. A titre de comparaison le
Danemark, pays dix fois moins peuplé que le nôtre, consacre chaque année
6 M€ à l’édition adaptée. L’association constate l’insuffisance criante de
traduction du « noir » vers le braille et d’accès à l’audio.
Le dossier des loisirs et des vacances est sans
réponse, dû à l’absence de centres adaptés répartis sur tout le territoire et
sachant ndre en compte la spécificité des handicaps et tout spécialement
celle des handicaps associés.
|
L’INJA
(l’Institut National des Jeunes Aveugles) |
Depuis sa création, l’Institut des Jeunes Aveugles a
pour mission d’être pour les jeunes déficients visuel, une porte d’entrée dans
le monde des voyants. En facilitant l’accès au savoir, à la communication, à la
relation, l’INJA a pour objectif le développement de l’autonomie et
l’intégration sociale.
Héritier d’un savoir-faire perpétuant l’esprit de
Valentin Haüy, fondateur de l’école et de Louis Braille, élève puis professeur
à l’Institut où il mit au point le système d’écriture et de lecture
universellement utilisé qui porte son nom.
L’INJA se propose de faire du jeune déficient visuel
un sujet acteur et responsable de son devenir en développant son indépendance
de pensée et d’action pour favoriser son insertion dans la société.
L’INJA a récemment adopté un projet d’établissement
dont la finalité est : « L’élève
à instruire, la personne à construire ».
Dans ce cadre l’INJA, établissement public national
d’enseignement et d’éducation spécialisé sous tutelle du ministère de la santé
et de la jeunesse, accueille aujourd’hui en externat et internat de semaine
tous les jeunes déficients visuels non ou malvoyants aux niveaux de l’école
élémentaire, du collège et du lycée.
La scolarité y est organisée dans les filières
d’enseignement général, professionnel ou musical, dans l’institution et en
milieu scolaire ordinaire ou le SAIS- INJA, service d ‘aide à l’acquisition de
l’autonomie et à l’intégration scolaire nd en charge le projet d’intégration
de l’élève. Les élèves qui le peuvent et le souhaitent sont scolarisés en
milieu ordinaire avec le service du S3AIS- INJA (voir encadré ci-après) qui les
accompagne et les soutient tout au long de leur parcours scolaire.
L’INJA met à disposition des
jeunes déficients visuels, le matériel informatique et les ouvrages adaptés,
nécessaires à leur scolarité.
|
Le S3AIS comnd : Ø SAFEP : service d’accompagnement familial et d’éducation précoce pour les enfants de 0 à 3 ans, avec plus particulièrement le conseil et l’accompagnement des familles et de l’entourage familier de l’enfant, l’approfondissement du diagnostic et le développement psychomoteur initial de l’enfant. Ø S3AIS :
service d’aide à l’acquisition de l’autonomie et à l’intégration scolaire
pour les enfants de 3 à 20 ans : d’une part apporte l’ensemble des
moyens de compensation du handicap, de développement de la vision
fonctionnelle, d’apntissage des techniques palliatives, d’autre part
assure les soutiens pédagogiques adaptés au niveau de l’enfant intégré en
circuit scolaire ordinaire, ainsi que la mise à disposition des matériels et
équipements spécialisés. Ø SESSAD : les SAFEP et S3AIS sont parfois regroupés sous l’appellation plus générale de SESSAD : Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile. Le constat La population totale suivie par les S3AIS est estimée à 5500 jeunes déficients visuels, parmi lesquels 13% d’entre eux présentent un handicap associé. Il existe encore 26 départements qui ne disposent pas de services spécialisés type S3AIS privant 200 enfants d’accompagnement spécifique. L’autonomie Le S3AIS- INJA permet à son développement personnel, son autonomie dans ses déplacements et dans les activités de la vie journalière grâce à l’action de professionnels diplômés et expérimentés : éducateurs, institutrice en locomotion, avéjiste (opérateur en autonomie à la vie journalière : il intervient auprès de l’enfant pour l’aider à trouver, ou à retrouver, un maximum d’autonomie dans la vie quotidienne. Sa formation est sanctionnée par un diplôme d’État d’éducateur spécialisé ou ergothérapeute avec une formation spécifique. Il est présent dans les centres de rééducation fonctionnelle, les services spécialisés ou d’aide à domicile), psychomotricienne, psychologue, orthoptiste, orthophoniste, ophtalmologiste, pédiatre… Les aides techniques
Le département informatique et recherche (DIR)
attribue à partir de la troisième un matériel informatique personnalisé ainsi
que des formations en informatique. Le département de transcription et d’enseignement adapté (DTEA) fournit les documents et les manuels scolaires imprimés en braille, en gros caractères et en relief. Le département de la documentation et de l’information (DDI) propose 70 000 titres recensés dans la banque de données de l’édition adaptée. Le S3AIS – INJA travaille en partenariat avec plus de quinze établissements scolaires parisiens parmi les plus renommés (Buffon, Victor Duruy, Montaigne..). L’établissement d’accueil signe une convention d’intégration avec l’INJA et reçoit un livret de l’intégration dans lequel figure le projet éducatif individualisé de l’élève. La convention d’intégration est visée par la commission départementale de l’éducation spécialisée et l’inspection académique. |
A - La
scolarité à l’INJA
Le service des enseignements comnd 21 divisions
dont deux pour l’école primaire, 5 pour le collège, 7 pour le lycée, 3 pour le
lycée professionnel.
Trois divisions sont
spécifiques à l’établissement :
Ø la section d’adaptation
technique (SAT), permettant aux élèves qui viennent de subir une diminution de
leur acuité visuelle d’apndre le braille ;
Ø l’année complémentaire
(AC) ;
Ø la
pédagogie musicale.
La particularité de l’établissement, c’est que le
solfège est obligatoire du cours moyen à la 5ème et pour ceux qui en
ont l’aptitude : des cours d’harmonie de grande valeur.
La mission constate que la qualité de l’enseignement
de cette discipline est particulièrement fructueuse et, à ce titre, on pourrait
souhaiter que les établissements de l’Éducation Nationale s’en inspirent.
B -
L’innovation pédagogique : la classe de 3ème projet
Créée avec un groupe d’élèves en difficulté, la
classe de 3ème projet a pour but de combler un certain nombre de
lacunes et de mener à bien certaines rééducations indispensables tout en
permettant aux élèves de ndre un peu plus de temps sur la base du
tiers-temps accordé lors des examens
Ø Activités
sportives : escalade, lutte, judo, sports collectifs…(40 % des élèves sont
licenciés à l’association sportive, pratiquant des activités avec des élèves
voyants). Pour les élèves partant en intégration et qui sont dispensés de
sport, un projet est à l’étude pour conserver une pratique sportive). Tous les
professeurs d’EPS sont voyants et enseignent le même nombre d’heures qu’à
l’Éducation Nationale.
Ø Activités
culturelles : cinéma, théâtre, concert, musées.
Ø Activités
de loisirs : patinoire, tennis de table…
Ø Week-ends
découvertes.
Ø Ateliers :
cuisine, cuir.
Ø Soirées
récréatives.
Durant l’année scolaire
2006-2007, l’Institut National des Jeunes Aveugles a pris en charge 146 élèves
(dont 3 en cours d’admission).
Les deux tiers des élèves sont internes (93 pensionnaires et 53 demi-pensionnaires) et près de 30% sont originaires de province et des départements d’Outremer.
Il existe 4 INJS (Institut
Nationaux pour Jeunes Sourds), mais un seul INJA (en Finlande, il y a deux
instituts, l’un pour les personnes parlant le finlandais, l’autre pour ceux
parlant le suédois pour un pays de 5 millions d’habitants ; en Espagne, il
existe 5 structures identiques à l’INJA).
D - La classe
d’année complémentaire
Pour les élèves de fin de 3ème, voire en
fin de 2ème, peu désireux de poursuivre une scolarité en filière
générale, il existe cette classe proposant des formations aux métiers du son et
de la musique, métier d’accordeur de pianos, d’agent d’accueil et d’accès au
métier de « masseur »
En 2007 la classe a accueilli 8 élèves.
E - Les
examens
Ø Résultats au diplôme
national du brevet (année 2005-2006).
·
Candidats intégrés : 100%
·
Total : 50%
Ø Résultats baccalauréat.
(candidats INJA + candidats intégrés)
·
Total série S : 55,6%
·
Total série ES : 64,7%
Total série pro : 100%
Total général : 69%
Lors de
l’entretien avec la directrice, Madame Sabotier, il a été donné un résultat au
bac 2005/2006 de 69 % de reçus et pour 2006/2007 de 83 %.
Parmi les métiers accessibles aux déficients
visuels, celui de masseur-kinésithérapeute permet à un non voyant d’accéder à
un diplôme d’État par deux voies possibles :
Ø formation à l’AVH ou au
centre Paul Guinot pour ceux qui ont un bac S ;
Ø pour les autres bacs, il y a
une année de préparation conduisant aux études en trois années et au diplôme
d’État.
La mission a retrouvé dans les pays visités les
mêmes niveaux de formation.
F -
Fonctionnement
Le budget de fonctionnement est de 11 M€, dont 600
000 € pour les déplacements, dont 400 000 € de taxis (coût de plus en
plus élevé du fait de l’éloignement des familles en raison de l’augmentation du
coût du logement).
Trois compagnies se partagent le marché « porte
à porte ». Il existe un service d’accompagnement de la RATP, les
« compagnons du voyage » qui facture 26 € le trajet.
La prise en charge du transport revient à l’INJA.
Les élèves de l’INJA travaillent avec des lecteurs
de 17h à 19h et bénéficient pour les examens du 1/3 temps ainsi qu’une
secrétaire.
|
Note Il serait
bon, dans le cadre d’une meilleure égalisation des chances, que les élèves en
intégration ou les étudiants des universités s’inspirent du modèle
nord-américain permettant à l’étudiant déficient visuel de se faire assister
à tour de rôle par l’un des membres de sa classe ou de son groupe. Ne serait-il pas souhaitable qu’une campagne médiatique audiovisuelle à heure de grande écoute pour sensibiliser le public de l’existence même de l’INJA soit organisée ? Référencement Internet accru
sur les moteurs de recherche afin que les futurs parents ou parents actuels
puissent disposer de données si importantes pour répondre à leurs
inquiétudes. |
Nous notons l’expérience historique sans conteste de
l’INJA et déplorons que des antennes INJA ne soient pas crées dans les régions
car il reste insupportable que des enfants soient à des centaines de kilomètres
de leur famille.
Dans la pratique, nous nous interrogeons sur
l’efficacité concrète du suivi par l’INJA de l’enfant de 0 à 6 ans. En effet,
les parents nous semblent encore bien démunis par rapport à leurs attentes.
Sans remettre en cause que des notions importantes
de braille, de locomotion sont parties intégrantes d’une réussite dans le milieu
scolaire ordinaire et qu’un certain nombre d’élèves peuvent ne pas être assez
mature pour intégrer dès leur plus jeune âge un milieu scolaire traditionnel,
nous restons vigilants afin que l’INJA comme d’autres établissements
spécialisés ne fasse pas inconsciemment du « cocooning » envers les
élèves en vue de les conserver dans leur établissement.
Quant à la question de ce que pourrait éprouver un
élève déficient visuel en milieu ordinaire à être seul dans sa situation par
rapport à une majorité de camarades voyants, nous pensons qu’il est bon
que l’enfant comnne qu’il en sera ainsi dans le monde extérieur.
Qu’en est-il des possibilités d’enseignement des
professeurs non voyants (existe-t-il une formation spécifique comme à
l’Institut Gallaudet pour les sourds à Washington qui certifie 200 PHD/an,
en vue d’en faire des professeurs d’université ?).
G - Aides Techniques
A partir de la 3ème, un contrat est passé
avec l’élève pour la fourniture d’un ordinateur portable adapté, y compris
pendant les vacances. Le matériel est acheté par l’INJA (6 à 10 000 €) en
partenariat avec la CRAMIF. La mission souhaite qu’il en soit ainsi à partir de
la 6ème.
Dans le rapport d’activité il est mentionné qu’une
société propose à l’établissement une convention qui en ferait l’intermédiaire
de l’Institut en direction de la sous-traitance et en matière de diffusion de
la production vers la clientèle. Ainsi l’INJA n’aurait ni à préfinancer la
fabrication des produits ni à les stocker.
En interrogeant les associations ou les services
d’aides à l’intégration des personnes aveugles ou malvoyantes, on constate que
cette société bien qu’ayant contribuée au développement et à la vulgarisation
des produits se trouve en position de contrôler le marché des aides techniques
et à en fixer les prix comme si elle en avait le monopole. L’offre de service à
l’INJA par cette société, par voie de convention, a sans doute aussi un but
lucratif, en fidélisant l’élève malvoyant dans son parcours scolaire,
professionnel et personnel. De nombreuses critiques ont été relevées sur cette
tentative de captation du marché, où la concurrence ne joue plus, ni le service
rendu aux plus démunis. Il serait bon, en matière d’aides techniques, de
pouvoir utiliser l’Observatoire du handicap et de procéder, comme pour les personnes
handicapées physiques, à une évaluation et une labellisation conduisant à une
attribution dans le cadre de la compensation du handicap (exemple du centre du
CERAH), dans l’intérêt des usagers.
Dans le cadre de la maintenance et réparation de
produits « high tech », il est prépondérant que les distributeurs
soient très réactifs afin que les clients mal et non voyants ne se trouvent
pas, de ce fait, sur-handicapés.
Le principe d’une centrale d’achat relevant des
pouvoirs publics comme en Suède (Institut suédois du handicap) éviterait toute
main mise sur un client captif.
Lors de l’entretien avec Michelle Palauqui, de la
Direction de l’Enseignement Supérieur, il est apparu clairement que la mise à
disposition gratuite des aides techniques via la Direction de la technologie du
Ministère de l’Éducation Nationale, répondrait aux besoins spécifiques des
élèves et futurs étudiants déficients visuels, laissant aux MDPH le soin de
s’acquitter du coût des logiciels additionnels en attendant impatiemment que les
aides vocales fassent partie intégrante en série des ordinateurs vendus sur le
marché.
L’existence d’un seul organisme en charge de
formation à l’autonomie pose le problème de la réponse aux demandes
décentralisées et à la nécessité de s’appuyer sur des pôles de compétences
régionaux ou plurirégionaux en fonction des liens économiques (une
réorganisation des régions en 7 à 10 pôles donnerait de la cohérence pour les
réponses aux besoins des déficients sensoriels, (il y a 4 INJS, 1 INJA et 1
APAM).
|
Note Ø En matière d’accès à la lecture, la relation avec le monde de l’édition semble stagner, imposant une modification de la loi sur les droits d’auteur. Ø Des liens plus étroits devraient se tisser entre les éditeurs (domaine scolaire ou littéraire) et les bibliothèques. Ø Pour les étudiants en classe de « prépa » il faut actuellement mobiliser 2 agents pendant un an. Il est nécessaire de repenser le rôle des AVS et de s’inspirer du modèle italien avec ses enseignants de soutien (rapport IGAS : P. Segal - G. Maigne 2003) |
|
L’APAM |
La mission reconnaît l’expérience sans conteste de
l’APAM en la matière et l’ouverture qu’elle a apporté dans le domaine de
l’autonomie de la personne déficiente visuelle, soit à Marly le Roi (centre
résidentiel), soit à Paris en ambulatoire, au sein de ses deux structures où
sont formés les instructeurs en locomotion indispensables à toute idée
d’inclusion de la personne déficiente visuelle.
La qualité de ses formations est d’ailleurs reconnue
à l’échelon international. Elle est l’instigatrice d’une réflexion sur la
modification de la définition de la malvoyance conduisant à considérer la prise
en charge des services rendus à la personne, au même titre que pour tous les
soins. En ajoutant à l’acuité visuelle le champ visuel, l’APAM s’aligne sur les
politiques européennes et définit clairement le champ des besoins.
L’APAM recommande la formation tout au long de la
vie ainsi que des formations continues pour les professionnels. La mission
constate que très peu d’ophtalmologues sont au fait des techniques de
rééducation ainsi que des performances de certaines aides techniques.
L’APAM, que nous avons consulté et qui représente
malheureusement le seul organisme de formation à la locomotion, a 4 à 5 centres
nationaux et envisage d’en créer 7 supplémentaires.
La mission préconise la multiplicité des centres
ressources en charge de la locomotion sur le modèle de l’APAM (formation des
instructeurs conduisant à un diplôme) pour des publics larges incluant les
aidants à la personne dans les ERP (SNCF, aéroports, RATP, hôpitaux, structures
scolaires…).
Par souci de transparence la mission ne peut
s’empêcher de dire que lors des deux visites très fructueuses effectuées dans
l’établissement elle n’a pu assister à des cours de locomotion et d’apntissage
à la vie quotidienne.
|
Nouvelle définition de la malvoyance selon l’APAM « Une
personne malvoyante est une personne dont la déficience visuelle entraîne une
incapacité dans l’exécution d’une ou plusieurs des activités suivantes » : Ø lecture et écriture (vision de près) ; Ø appréhension de l’espace et déplacements (vision de loin) ; Ø activités de la vie quotidienne (vision à moyenne distance) ; Ø communication (vision de près et à moyenne distance) ; Ø poursuite d’une activité exigeant
une attention visuelle prolongée.
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Le GEPSO
(Groupe National des Établissements et Services Publics Sociaux) |
Les responsables soulignent
que l’accompagnement psychologique des déficients visuels avec handicap
associés n’est pas suffisant du fait des formations peu adaptées aux différents
handicaps.
Le projet de formation
professionnelle échelonnée sur 6 mois mériterait dans certains cas une rallonge
de 3 mois afin de renforcer les capacités en autonomie.
En ce qui concerne les tests
psychologiques mis au point par l’AFPA, les responsables estiment qu’ils ne
sont pas adaptés à la problématique de la céci-surdité (présence de graphiques
parmi les outils pédagogiques).
La mission estime qu’il
serait intéressant d’inclure des CRP dans les centres AFPA dans un dispositif
« inter- régional ».
Le
problème des instructeurs en locomotion est à nouveau évoqué. Les responsables
évoquent la mauvaise ventilation des aides financières qui vont dans l’ensemble
aux enfants déficients visuels.
La mission constate le besoin de créer des centres
ressources régionaux, y compris en soutenant le travail de l’APAM, qui est le
seul établissement à former des instructeurs en locomotion.
En ce qui concerne la céci-surdité, il n’existe
qu’un seul centre de ressources à caractère national à Poitiers (cette
information doit être validée par l’ANPEA qui gère des établissements pour
enfants sourds aveugles).
En ce qui concerne le travail des artisans
déficients visuels, il serait opportun de baisser les charges sociales pour
compenser la lenteur de leur activité pénalisée par la déficience.
Pour un tiers temps supplémentaire effectué pour
accomplir la même tâche qu’un voyant il faudrait enlever un tiers de charges
sociales.
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L’INSTITUT MONTECLAIR |
L’Institut est une réalisation sanitaire et sociale
de la Mutualité Française Anjou/Mayenne : toutes les décisions concernant
leur fonctionnement sont du ressort du conseil d’administration de la
mutualité, qui délègue ses pouvoirs au comité de gestion du pôle sensoriel,
composé du président de la mutualité, d’administrateurs, de personnes
qualifiées et de représentants des usagers.
L’Institut accueille :
·
45 enfants en SEES[2]
(Section d’Éducation et d’Enseignement Spécialisés)
·
45 enfants en SAAAIS (Service d’aide à l’Acquisition de l’Autonomie et
l’Intégration Scolaire)
·
10 enfants en SAFEP (Service d’Accompagnement Familial et Éducation
Précoce)
L’admission dans
l’établissement est soumise à une décision de la CDAPH. Sa mission est
d’accéder à une autonomie maximale. Les stations proposées sont :
Les enfants ou adolescents accueillis au titre de la
SEES peuvent être internes ou demi‑pensionnaires. Les transports sont
pris en charge par l’Institut.
A - Les
parcours individualisés
Il s’agit de permettre à chacun de choisir une
orientation, de s’inscrire dans un « parcours professionnel », en
nant en compte les possibilités et les limites inhérentes à sa déficience
visuelle.
Les objectifs de
l’internat :
B - La documentation adaptée
L’Institut dispose d’un
service de documentation adaptée permettant
C - Les formations spécialisées
L’Institut propose des
formations pour les personnes non voyantes :
D - S3AIS
Le service s’adresse aux enfants et adolescents
déficients visuels de 6 à 20 ans, domiciliés dans le département du Maine et
Loire et scolarisés dans les établissements scolaires privés ou publics.
Les objectifs : accéder à une autonomie
maximale à l’école, au domicile, dans l’environnement proche et à l’Institut.
E - SAFEP
L’admission au SAFEP est notifiée par la CDAPH
(commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) après étude
du dossier constitué d’une demande des parents et de renseignements
ophtalmologiques, médicaux, psychologiques, sociaux et scolaires.
Cette concertation permet d’établir un projet
d’accompagnement et de soutien auprès des professionnels. Le projet individuel
est élaboré une fois par an et symbolise le contrat passé entre la famille et
le SAFEP.
L’Institut se préoccupe de rendre des services aux
déficients visuels à tous les âges de la vie.
Il travaille avec 60 établissements scolaires mais
également pour le maintien dans l’emploi.
L’Institut constate que même dans leur département
du Maine et Loire particulièrement attentif à l’éducation des déficients
visuels, 20 à 30 % des élèves déficients visuels ne trouvent pas une réponse
adaptée à leur besoins. Transposée à d’autres départements pas dotés de structures éducatives
aussi développées que l’Institut, on peut imaginer que l’errance est de 80 à
90%.
L’Institut constate que l’orientation des enfants
est freinée par le niveau des connaissances médicales en matière
d’ophtalmologie et que le dépistage tardif pénalise la bonne orientation.
L’insertion de l’étudiant est freinée par le peu de
documentation adaptée, (nécessitant le travail à plein temps d’une équipe de 4
à 5 personnes par étudiant déficient visuel) et de l’inégalité de traitement territorial. Les innovations,
fruits du travail de l’Institut devraient être reprises au plan national. Le
regroupement des étudiants déficients visuels évite la dispersion des ouvrages
adaptés et réduit les coûts de mise en accessibilité. Les familles de
déficients visuels se rapprochent d’Angers pour la qualité des services dans la
mesure où la prise en charge est globale (de l’enfance à l’âge avancé).
L’Institut préconise l’apntissage de la
locomotion plutôt que l’assistance d’une AVS et s’interroge sur la prise en
charge des déficients visuels dans les départements qui n’ont pas un centre
ressources comme Montéclair.
La mutualisation des connaissances et des bonnes
pratiques profiteraient aux départements contraints de voir leurs habitants
migrer vers des pôles de compétences. Après la désertification des campagnes,
on va assister à celle des départements qui ne sont pas en mesure d’assurer les
réponses aux besoins spécifiques (personnes handicapées et âgées).
L’Institut préconise la création d’autres centres
ressources avec l’aide de la FISAF pour répondre au vrai problème de santé
publique que représente la prise en charge de la cécité et surtout de la
malvoyance en expansion du fait du vieillissement de la population.
La mutualisation des techniques et des outils de
compensation, via des centrales d’achat ou service départementaux qualifiés,
diminueraient le coût et retarderaient la prise en charge dans des
établissements des personnes âgées malvoyantes.
Lors des entretiens avec de jeunes adultes
déficients visuels, la mission a été interpellée par la situation d’un jeune
enseignant malvoyant qui, conscient de son rôle, doit consacrer trois fois plus
de temps (18h/semaine) pour préparer et enseigner qu’un enseignant valide.
Il serait peut-être envisageable de ne lui attribuer
que 12 h de cours par semaine (payées 18) afin de compenser les efforts qu’il
doit fournir. Il ne serait pas juste de travailler plus pour gagner autant,
d’autant plus que l’impact pédagogique sur les élèves « valides » est
un facteur de valorisation du travail effectué par une personne handicapée.
Un jeune ingénieur dénonce le financement par la
sécurité sociale d’une partie des programmes de réadaptation. La locomotion est
remboursée mais pas l’apntissage du braille qui peut intervenir au-delà des
périodes d’apntissage scolaires. Pour 90 h de formation en braille ; le
coût est de 3 600 € sans fourniture du matériel (1 h de formation = 40 €),
financé par l’AGEFIPH et le Conseil Régional des Pays de la Loire, le reste a
été à la charge de l’intéressé, soit 400 €.
On note aussi des difficultés à se procurer du
matériel (PC + JAWS + terminal = 15 000 €).
Les enseignants du Lycée Jean Monnet estiment que la
présence des AVS peut freiner l’autonomie des élèves déficients visuels, de
même que le faible niveau de formation (60 h – statut précaire), ainsi que la
faible pérennité de leur fonction.
L’Institut préconise l’apntissage de la
locomotion plutôt que l’assistance d’une l’AVS et s’interroge sur la prise en
charge des déficients visuels dans les départements qui n’ont pas un centre
ressource comme Montéclair.
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Le CEDV (Centre d’Éducation pour Déficients
Visuels de Santifontaine) |
Le centre est agréé pour recevoir et accompagner 140
enfants déficients visuels, originaires de la Région Lorraine ou des régions
limitrophes.
Il est composé de deux établissements :
1. Les services de scolarisation pour 80 enfants :
2. Les sections d’internat et de semi internat :
Le budget total des deux
établissements du CEDV est de 5,13 M€ en 2007, se répartissant comme
suit :
Le personnel est composé de
91,7 ETP (équivalents temps plein), soit au total 105 salariés :
Le responsable des programmes d’éducation sportive
attire l’attention de la mission sur la méconnaissance des enseignants du
milieu ordinaire en matière d’activités sportives pour les déficients visuels.
Conscient de son rôle d’éducateur sportif, il se déplace dans les écoles où les
élèves sont en intégration pour des prises en charge individuelles ou
collectives d’élèves qui, trop souvent, sont dispensés d’activités physiques
sportives par crainte pour les enseignants des risques physiques encourus.
Il signale à la mission que les barèmes en vigueur
pour le passage d’examens comme le bac doivent être réajustés.
Fort d’une longue expérience dans le domaine du
sport, 90 % des élèves de Centre de Santifontaine pratique le sport dont
l’athlétisme ou le Torball qui fait des émules auprès des élèves valides dans
les établissements où sont intégrés des déficients visuels. Il existe
actuellement des tournois où une vingtaine élèves valides pratiquent le Torball
avec une dizaine d’élèves déficients visuels.
La difficulté réside malgré
tout dans la difficulté à trouver des moyens de transport pour acheminer les
déficients visuels éparpillés dans diverses communes :
L’enseignant d’EPS souligne que l’éducation physique
et sportive fait partie de la scolarisation. Il ajoute qu’ils ne sont que deux
en France à se déplacer dans les établissements pour expliquer aux enseignants
d’EPS les techniques afférentes à la pratique des sports pour déficients
visuels.
La mission souligne l’urgence à mettre en place dans
chaque département un spécialiste formé dans un centre ressource auprès des
instituteurs et des professeurs de collège quand ils sont en présence dans
leurs classes d’élèves déficients visuels. Un très gros travail auprès des
Inspections Académiques est à entrendre pour que la pratique sportive soit
partie nante des programmes éducatifs.
En ce qui concerne les AVS leur présence est souvent
perçue comme un frein à l’autonomie des déficients visuels.
En revanche, il est urgent de former des
psychologues via les centres ressources pour ndre en charge la détresse des
parents face à la découverte de la déficience visuelle de leur enfant et
d’aider au renforcement du lien familial face aux besoins de l’enfant qui sera
tôt ou tard scolarisé en milieu ordinaire de préférence.
Le Centre a déposé en CROS un projet de création
d’un centre de « basse vision » incluant 10 places
d’hospitalisation de jour en médecine physique et de réadaptation spécialisée
pour les adultes de plus de vingt ans présentant une déficience visuelle. Ce
projet a reçu un avis favorable sous réserve d’une coopération avec un autre
établissement et de la conformité des conditions techniques de fonctionnement.
La mission ne peut que soutenir ce projet qui
permettra aux déficients visuels d’être pris en charge à l’échelon régional
comme cela devrait être la norme pour l’ensemble des régions afin de répondre à
une demande de santé publique. Les évaluations, les préconisations et les
rééducations prodiguées par un centre en charge de la basse vision comme celui
de l’APAM de Marly le Roi et de Paris doivent s’effectuer dans toutes les
régions en raison de la courbe exponentielle du vieillissement qui apportera
son lot important de déficients visuels qui faute de prise en charge au plus
près de leur domicile basculeront dans la dépendance reconnue infiniment plus
coûteuse que les rééducations et mise à dispositions d’aides techniques
appropriées.
Le centre de Santifontaine et son futur centre de
basse vision représenteront le centre ressource référent régional en mesure de
répondre aux besoins spécifiques de tous ceux qui sont confrontés à la
déficience visuelle. La modélisation de ce dispositif est la garantie de
traiter à égalité l’ensemble des citoyens.
La mission[3]
est convaincue que chaque région devrait disposer d’un tel dispositif. Enfin,
elle souligne la volonté de la région Lorraine de se doter des services à la
pointe de la technologie aussi bien pour l’accessibilité de la ville de Nancy
que de son CHU dont nous parlerons plus loin.
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L’INS HEA (Institut National Supérieur de
Formation et de Recherche pour l’Éducation des Jeunes Handicapés et les
Enseignements Adaptés) |
Depuis la loi du 11 février 2005 la préconisation en
termes d’éducation pour les enfants en situation de handicap va vers
l’inclusion en milieu éducatif ordinaire.
La mission a écouté avec beaucoup d’intérêt tous les
acteurs de l’Institut doté de l’unique pôle français de formation des
enseignants à toutes les déficiences.
L’inspecteur d’académie est le seul en mesure
d’évaluer les besoins de recruter des enseignants à destination des enfants
déficients visuels, information qui remonte au ministère de l’éducation
nationale qui fixe la liste des futurs enseignants spécialisés.
Il est à signaler que la formation d’enseignants
spécialisés à la déficience visuelle reste facultative ce qui n’enlève en rien
la motivation constatée lors de la rencontre avec les stagiaires.
Chaque année 30 enseignants (20 pour le 1er
degré et 10 pour le 2ème degré) sont formés à l’institut national
supérieur. La mission s’interroge sur le fait que les besoins sur le terrain ne
sont peu- être pas bien en pris en compte du fait de manque de crédits
nécessaires à la mise à disposition des enseignants spécialisés dans la
déficience visuelle. Dans certaines régions, bien qu’il n’y ait pas de réel
observatoire ni de soutien des MDPH, les offres de postes sont très pauvres.
Les stagiaires (professeurs des écoles 1er
degré), qui sont tous des enseignants, suivent une formation de 400 heures, en alternance, réparties en cinq
cessions de trois semaines dont la mière cession sera effectuée à la fin de
l’année scolaire précédent leur formation. Pour les enseignants du second degré
= 150 heures. Dans chaque département l’inspection d’académie limite le
nombre d’enseignants itinérants pour privilégier les enseignants référents ce
qui, on peut le craindre, limite l’action pédagogique au plus près des élèves
déficients visuels.
Une des missions importantes de l’Institut est le
SDADV (Service de Documentation Adaptée pour Déficients Visuels).Cette section
est une entité de production de cartes de géographie, dessins en reliefs et
livres adaptés. Ces outils sont généralement trop rares mais d’une importance
cruciale pour l’éducation de l’enfant déficient visuel.
Une expertise pointue de ces productions est
réalisée au sein de l’institut.
Au cours d’un échange de
discussions avec le psychologue formateur dédié à la déficience visuelle, il a
confié à la mission que ce qui l’inquiète c’est que par rapport à 15 ans en
arrière les enseignants qui arrivent, aujourd’hui, en formation ne semblent
avoir aucune connaissance de ce qu’est un enfant déficient visuel. Cela réside
certainement du fait que la majorité des enseignants, auparavant, venaient
uniquement du milieu spécialisé.
Le psychologue confirme également qu’une grande
majorité des enfants non voyants, aujourd’hui, souffrent d’handicap associé ce
qui change la problématique par rapport à des enfants non voyants de naissance
ou malvoyants.
La mission souligne le caractère très stimulant
ressenti de la part des enseignants, en formation, que nous avons rencontrés.
Il faut cependant ardemment souhaiter que le manque de moyens financiers ne
vienne altérer leur amour du métier si porteur d’espoir pour nos enfants.
Pour terminer, il y a un souhait que partage tous
les membres de l’Institut : créer une fondation de la recherche sur les
technologies novatrices pour l’enseignement des enfants déficients visuels et
vue le quotient de connaissance de tous ces intervenants ; on ne peut
qu’avoir envie de voir ce projet aboutir.
L’UNIVERSITÉ
|
Lors de l’entretien avec Michelle Palauqui qui est en charge de l’intégration des étudiants
en situation de handicap au ministère de l’éducation nationale, il a été le
rôle ambigu et incomplet des AVS (60 h de formation sans apntissage
spécifique de chaque nature de handicap).
Les AVS ne représentent qu’une aide physique et se
trouvent bien malgré elles démunies, freinant l’autonomie de l’élève.
Une évaluation du rôle des AVS s’impose incluant la
formation, les compétences, le diplôme et la pérennité de l’emploi (en Italie
75 000 enseignants de soutien accompagnent les élèves handicapés dans des
classes de 20 à 25 élèves).
De l’entretien avec Chantal Pouttier, responsable du
« Relais handicap santé » de Paris VI, il ressort que :
·
Le relais handicap-santé de Paris VI fonctionne avec 8 permanents,
soutenu par la volonté déterminée du président de l’université.
·
Les services proposés répondent aux besoins spécifiques des étudiants
(matériel adapté : plage braille, synthèse vocale, télé agrandisseur, mais
également prise de notes et locomotion en faisant appel à un stataire.
·
Le relais handicap santé prépare un guide faisant état des bonnes
pratiques, uniformise les tarifs des stations (11 €/2 h, alors que la moyenne est de 9 €
pour 4 heures dans les autres universités).
|
Les élèves en situation de handicap sortant du milieu spécialisé risquent, par manque de soutien, de logistique et de moyens techniques adaptés, de se retrouver en situation d’échec (12 % des étudiants déficients visuel abandonnent leurs études. Ce chiffre est alarmant et démontre la carence du système). La présence des AVS freine parfois l’autonomie et la mission a constaté qu’un élève très brillant pouvait ne pas se déplacer avec facilité et même choisir des études d’un niveau inférieur à ses très fortes capacités. C’est en évoluant et en échouant à ses examens dans un milieu nouveau que l’étudiant déficient visuel réalise la somme de ses besoins spécifiques et la nécessité pour lui de trouver les bons interlocuteurs et les efforts à fournir pour être le plus autonome possible. Ce qui ne facilite pas son inclusion dans le supérieur, c’est la perte de ses aides techniques informatiques personnelles (le secondaire prête le matériel adapté). Le relais handicap doit s’équiper en matériel adapté pas toujours fourni au juste prix (l’observatoire des aides techniques auprès de la CNSA jouera le rôle d’arbitre tant sur la qualité que sur les fourchettes de prix). Alors que de nombreux pays d’Europe se sont dotés d’un statut de l’étudiant, la France elle, n’en n’a pas ; rappelant les vieilles notions protectionnistes du passé excluant les personnes handicapées du monde de l’éducation et de l’emploi La mission constate que les lycées ne connaissent pas les relais handicap santé, ni même les actions de l’AFPA et des Cap –Emploi futurs lien vers l’emploi pour ceux qui n’obtiendront pas de diplômes bac + 2. A l’heure des choix professionnels et des filières, les lycées restent peu ouverts comme si le supérieur offrait toutes les garanties d’emploi. En revanche les entreprises sont en attente d’étudiants compétents capables de partager la vie de celle-ci à des niveaux 4 (niveau Bac) ou 3 (niveau BTS). Il est à souligner que le monde de l’entreprise, à son tour, ne va pas assez souvent au devant du monde scolaire et supérieur en oubliant d’informer que les portes du possible puissent s’ouvrir pour le futur et le plein épanouissement du candidat à l’emploi. La conférence des présidents d’universités qui a lieu chaque année sur un campus différent montre l’intérêt porté aux étudiants handicapés, même si 250 déficients visuels seulement sont inscrits dans le supérieur. En matière d’accompagnement, des étudiants tuteurs secondent les déficients visuels pour les recherches en bibliothèques ; en revanche, les conditions d’hébergement restent très faibles, voir inexistantes en ce qui concerne les universités parisiennes. Les relais handicap santé constatent que la présence d’aides techniques pour les déficients visuels favorise les demandes d’inscription, de même qu’une bonne information prodiguée aux parents qui appréhendent l’immersion de leur enfant dans un monde nouveau. En ce qui concerne les enseignants malvoyants, les universités fournissent, après une trop longue attente, les matériels adaptés ou leur renouvellement au cas par cas tant que le FIPH ne sera pas mis en place pour répondre aux besoins des fonctionnaires en situation de handicap. Il est à noter qu’une trop grande disparité subsiste entre les rectorats par rapport aux nombre d’heures d’assistanat alloué à l’enseignant mal et non voyant. Il ne serait en effet pas acceptable que par manque d’assistance personnelle, l’enseignant soit perçu dans l’incapacité d’assumer pleinement ses fonctions et que son handicap devienne par là même un réel surhandicap. |
LES CROUS
|
Le
Centre national conscient des efforts de rénovation va consacrer 68 M€
d’investissement pour son programme national ventilé via les CROUS locaux.
La
mission souligne qu’il est indispensable de faire figurer dans l’accessibilité
tous les item liés à la déficience visuelle, y compris dans les secteurs de
l’hébergement, de la restauration (usage des automates vocalisés, distributeurs
de titres ou DAB).
Le
CROUS, informé par le contenu de la mission, souhaiterais que des passerelles
se créent entre le CNDP (Centre National de Pédagogie) et les acteurs en charge
de la prise en charge des déficients visuels (CNPSAA, CNSA, DIPH, DMA,
associations diverses…).
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BRAILLE
NET |
L’association
s’interroge sur l’accès au Web et au livre en raison de problèmes de droits
d’auteur. Comment contraindre le monde du Web de rendre accessible dans la
mesure où il n’y a pas de décret alors que la loi de 2005 parle d’égalisation
des chances et d’accessibilité des sites publiques, mais qu’en est-il du
privé ?
Il
existe en Irlande un Bureau national de l’Accessibilité au numérique et au
Danemark une cellule d’aide aux administrations pour l’accès au numérique.
Dans
la mesure où il n’existe pas de référent « accessibilité au Web » il
serait souhaitable de créer un Institut
de l’accessibilité au numérique sous le contrôle d’une personnalité qualifiée
(proposition de : Jean-Marie Cavada, député européen et homme de
communication de dimension internationale, ou Bernard Pivot, ou un ex-ministre
de la culture et de la communication ou autres…).
En
ce qui concerne l’édition de livres à caractère éducatif, la mission propose un
décret obligeant les éditeurs
d’ouvrages scolaires, universités, recherche… à donner le libre accès à leur
fichier afin de répondre à la notion d’égalisation des chances.
Aux
USA, des lois fédérales fixent des standards pour l’accès aux ouvrages dans le
domaine de l’éducation et de la recherche, idem au Royaume Uni.
La
mission relève que l’accès au livre et au numérique participerait à la
diffusion de notre savoir et culture au sein de la francophonie.
|
L’AFPA |
En cinq ans, l’AFPA a triplé son intervention de
formation auprès de personnes handicapés et a formé, en 2005 dans 250 centres
de formation, 15 000 travailleurs handicapés, soit 10 % de ses stagiaires.
Le mier acte fondateur est l’orientation, en
entrant par le projet, sans pré-requis et avec une démarche d’accompagnement
pour améliorer l’accessibilité des stations.
L’orientation peut se faire dans le cadre ordinaire
du service d’appui à la définition d’un projet de formation ou, à la demande de
la CDA-PH, dans le cadre d’un service d’aide au reclassement professionnel, que
l’État met à la disposition des MDPH par le biais du service public de
l’emploi.
L’AFPA a également développé des ressources utiles
aux personnes et partenaires, en accès direct : ww.oriadisth.fr qui sera
disponible sur les bornes que l’AGEFIPH doit installer dans les MDPH. La
mission s’interroge sur l’accessibilité vocale de ces bornes.
Le projet de formation est adapté soit en
intégration dans un groupe de stagiaires, soit par une formation spécifique en
groupe, en lien avec l’AGEFIPH, la FAGERH, ou l’ADAPT.
Le cœur de métier de l’AFPA tourne autour de
l’orientation et la formation professionnelle dont l’objectif ultime est
l’insertion professionnelle par la qualification.
Outre le partenariat avec l’ANPE et les Cap –Emploi,
l’AFPA propose une démarche d’accompagnement pendant et après le parcours de
formation. 800 psychologues du travail issus du centre de Roiffé (études
pédagogiques, centre ressource, ingénierie technique ou financière) préparent
le projet d’insertion professionnelle. La mission fonde de grands espoirs sur
le fait que ces 800 psychologues du travail soient particulièrement formés sur
la spécificité de chaque handicap.
Plus souvent embauchés en contrats aidés, en
particulier en CES, les personnes handicapées travaillent plus fréquemment dans
des services publiques après leur formation à l’AFPA (11% dans un service de
l’État ou un organisme de sécurité sociale). La grande majorité (83%) accède à
un emploi dans une entreprise privée. Plus du tiers des personnes handicapées
embauchées dans un service public le sont dans le cadre d’un contrat aidé, 44%
en CDD classique, 15% en CDI et 6% en intérim. 28% des stagiaires handicapés
accèdent à l’emploi après leur formation à l’AFPA au sein de l’entreprise où
ils ont réalisé une période « d’Application en Entreprise ».
La mission s’interroge sur l’éventualité de faire
découvrir les services de l’AFPA dans les collèges et lycées où de nombreux
élèves déficients visuels sont intégrés en milieu ordinaire. Il ne faudrait pas
attendre que l’élève soit en échec au lycée ou à l’université pour lui proposer
des orientations professionnelles.
L’AGEFIPH
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Chaque année 468 000 personnes d’âge actif
connaissent une situation de handicap dont 6 500 pour cause de mal voyance. Les
déficiences sensorielles représentent 6 % des déficiences, chaque année 6 500
personnes de 20 à 60 ans sont handicapées par la mal voyance.
Parmi les personnes accueillies par Cap-Emploi, près
de 3 % ont un handicap visuel. En comparaison du nombre de personnes
accueilles, la proportion des personnes est toujours un peu plus élevée pour
cette population : 1 230 personnes déficientes visuelles ont été placées
en 2005 sur un total de 39 654 soit 1/3 des personnes placées. Force est de
constater, à la mission, que là encore une trop grande disparité de la qualité
de service offert par les CAP-Emploi subsiste dans notre pays et, plus grave
encore, que la formation des évaluateurs restent bien trop faible et surtout
inadaptée à la spécificité de chaque handicap concerné.
Concernant les bénéficiaires de contrats primés, la
proportion est encore plus élevée. En 2006, 845 personnes souffrant d’un
handicap visuel ont été « primés », soit 5,1 % de tous les
bénéficiaires d’un contrat. En 2005 ils étaient 825 soit 5,2 % des
bénéficiaires d’un contrat primé. On constate en revanche que, globalement, la
part des déficients visuels diminue légèrement d’année en année (6,4 % en
2000 ; 6,1 % en 2002 ; 5 % en 2004 ; 5,1 % en 2006) dans
les contrats.
La mission s’inquiète sur le fait que le nombre de
contractés diminue chaque année depuis 2001 ? Il convient de rester
extrêmement vigilant, dans le souci de répondre aux quotas d’embauche de 6
%, à ce que les employeurs ne tendent pas en engager des handicapés légers
(mal de dos, rhumatisme de membre supérieur…) au profit d’handicapés lourds. A
ce sujet, la mission s’interroge sur la « raisonnabilité »
d’attribuer le terme d’handicapé lourd à des déficients visuels. Ce terme
évoque plutôt une option réductrice.
Comme pour l’ensemble des bénéficiaires, les
embauches s’effectuent à plus de 70 % dans le secteur tertiaire. Les employeurs
sont des petits établissements : les établissements non assujettis à
l’obligation d’emploi (moins de 20 salariés) réalisent 51 % des embauches
« primés » des « handicapés visuels ».
Parmi les 110 000 contrats de travail en 2006, 45
000 provenaient des 120 réseaux CAP-Emploi financés par l’AGEFIPH.
Parmi les 115 000 personnes en âge de travailler
l’on compte 100 000 malvoyants et 15 000 aveugles.
Dans le secteur privé en 2006, 845 contrats de
travail d’au-moins 12 mois ont été signés (l’employeur touche 1 600 € et le
salarié 800 €).
La moyenne des subventions pour création
d’entreprise est de 8 000 €. Ces créations sont dans le secteur du commerce, de
la restauration et de l’hôtellerie. En 2006, 4 % (plus de 100 personnes) des
créateurs d’entreprises aidés par l’AGEFIPH étaient des déficients visuels.
Parmi les autres aides de l’AGEFIPH, les déficients visuels ont bénéficié de 5
% des contrats de professionnalisation et de 3 % des contrats d’apntissage
(une centaine au total), de 4 % des actions de maintien dans l’emploi. Le degré
d’autonomie est le principal critère d’insertion professionnel. Le second est
le cadre de vie dont le logement.
La mission constate les difficultés pour se loger
tant à cause de l’accessibilité que de l’accès à l’emprunt pour les personnes
handicapées (les bénéficiaires d’allocations ou pensions n’accèdent pas à
l’emprunt ou doivent payer des surprimes aux assureurs bancaires, ce qui pour
la mission reste totalement discriminatoire).
Parmi les personnes interrogées, 1 sur 4 se
considère autonome dans les déplacements.
63% des personnes bénéficient d’un emploi dont un
quart à temps partiel.
80% des Bac +3 sont dans l’emploi.
91% sont satisfaits, parmi eux 78% ont des contrats
à durée indéterminée.
Le temps partiel est plus considéré comme un temps
choisi que comme un temps subi. Pour les deux tiers, le temps de travail est
supérieur au mi-temps.
Le secteur privé et associatif prédominent (20 %
dans le privé). La filière administrative représente 36%.
Parmi les demandeurs d’emploi auprès de l’ANPE ou
Cap-Emploi, 16 % déclarent être déficients visuels.
Le reste des embauches se fait sur le « marché
caché » échappant de fait aux organismes d’embauche ou de placement.
80 % des personnes handicapées déclarent avoir
trouvé seules leur emploi.
L’AGEFIPH constate le grand nombre de demande
d’emploi sur le Net en dehors des réseaux, ce qui démontre bien l’inefficacité
de ceux-ci.
La mission relève que de nombreuses personnes
handicapées souhaiteraient être accompagnées aux miers jours de leur emploi,
éventuellement par des retraités issus du monde de l’entreprise.
L’AGEFIPH et ses 310 salariés ne peut à elle seule
gérer la problématique de l’emploi des déficients visuels compte tenu de
l’intérêt porté, entre autres, à la fonction publique ; en revanche, elle
a participée à une grande campagne de sensibilisation (France 2 du 22 octobre
au 22 novembre 2007 chaque soir à 19 h 50), dont le slogan est « on peut tous réussir ».
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Le fonds
public : FIPH |
Depuis la loi de 2005 l’emploi des travailleurs
handicapés est régi sous le même régime d’égalité entre le privé et les trois
fonctions publiques (fonctions publique d’Etat, territoriale et hospitalière).
L’État a investit 150 000 € (action de communication et d’aménagement) et
collecté 150 M€ (Caisse des dépôts).
La mission relève que les intérêts des placements ne
seraient pas encore disponibles à la Caisse des dépôts, ce qui, dans la
situation actuelle, tend à pénaliser ainsi l’insertion professionnelle des
travailleurs handicapés de la fonction publique. L’arrivée prochaine d’un
responsable du fond permettrait une meilleure inclusion et une affectation des
fonds comme l’avait connu l’AGEFIPH à ses débuts.
La révision générale des politiques publiques (RGPP)
ne semble pas à l’heure actuelle en lien avec les cabinets et n’a pas encore
défini son calendrier d’actions ni son hypothétique rapprochement avec
l’AGEFIPH, organisme particulièrement compétent et rôdé à la problématique de
l’emploi des personnes handicapées.
La DIPH (Délégation Interministérielle aux personnes Handicapées)
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La Délégation Interministérielle aux Personnes
Handicapées est au carrefour de toutes les politiques en faveur de celles-ci.
Elle est consciente que le dossier des déficients sensoriels n’a jamais été
traité avec l’attention qu’on lui doit. Pour seul exemple, il y a trop souvent
confusion entre le traitement des besoins générés par la déficience physique et
ceux des déficients visuels qui n’ont nullement la même problématique.
Le Délégué Interministériel, Patrick Gohet,
souligne que le combat sera gagné lorsque l’on parlera « des
handicaps » et non « du handicap » qui amalgame tout le monde
sans faire la distinction entre les spécificités de chaque handicap pour
lesquelles un traitement particulier s’impose. Il est clair que
la transversalité n’est pas un concept national alors que la gestion des
problèmes découlant des divers handicaps est très
précisément transversale. Des initiatives heureuses mais encore trop isolées
viennent appuyer ces propos (ex. : des 40 autobus de la ville de Chartres
qui possèdent une signalisation en braille et une vocalisation doublée d’une
formation des personnels à la déficience visuelle).
La mission relève que les MDPH devraient lors de la
conférence annuelle faire état des initiatives locales relevant du progrès
social, voire même les érigées en « bonnes pratiques » modélisables
affichées au bilan des politiques décentralisées. Bien qu’il soit encore tôt
pour évaluer la pertinence des réponses faîtes par les MDPH il est à souligner
que les équipes pluridisciplinaires ne sont pas assez pluridisciplinaires et
que dans le domaine de la malvoyance de gros efforts sont à fournir pour
traiter les intéressés.
La DIPH soutient la modification de la définition de
la déficience visuelle trop réductrice et ne couvrant pas le champ comme cela
est fait dans nombreux pays de l’Union.
Patrick Gohet reconnaît à la CNSA son très grand
pouvoir d’analyse des besoins décentralisés tout en soulignant l’urgence de
réunir autour de la table tous les interlocuteurs en mesure de donner à la loi
de 2005 sa vraie dimension inclusive.
La mission souligne que l’accessibilité clé de voûte
de la citoyenneté n’est pas représentée par des acteurs qualifiés au sein de la
CNSA. Cela vaut pour uve qu’un décret à venir sur l’accessibilité au monde
de l’emploi ne nd pas en compte la réticence des écoles d’architecture à
intégrer des modules de formation continue dans leur programme comme si cela
était négligeable.
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La DMEP (Délégation Ministérielle à
l’Emploi des Personnes handicapées) |
Jean-Christophe Parisot, au
cours de l’entretien, dénonce l’absence de texte réglementaire (circulaire ou
décret) pour accéder librement aux documents des éditeurs. Ceci pénalise les
étudiants déficients visuels qui font travailler en moyenne 4 transcripteurs
par étudiants pour saisir les documents. Il y a un réel problème d’accès aux
photocopies qui ne sont pas aux normes pour être lues. Il y a une véritable fracture
numérique pour les aveugles malgré les évolutions technologiques encore trop
coûteuses. Les fichiers pourraient être mutualisés et détenus dans une
structure (Institut ou bibliothèque), dès lors qu’un décret ou une circulaire
en fixerait le contour des « droits d’auteur » avec les éditeurs.
Parmi les obstacles, on dénombre
l’absence de formation des enseignants dans leur globalité et spécialement en
ce qui concerne la verbalisation des sujets traités quand ceux-ci sont visuels.
En ce qui concerne les
disciplines scientifiques prisées par 6 % des étudiants déficients visuels, la
responsabilité civile de l’assistant est en cause lors des TP.
Les conseillers en psychologie
(insuffisamment formés) ne consacrent pas assez de temps aux lycéens déficients
visuels en ce qui concerne leur orientation et leurs aptitudes à se déplacer.
La vie d’étudiant induit la
capacité à se déplacer, à pratiquer des activités sociales ou sportives avec
tout les autres universitaires dans des lieux fléchés ou vocalisés (à Nancy les
étudiants déficients visuels sont informés du changement d’emploi du temps par
SMS).
En ce qui concerne les examens,
le tiers-temps reste de mise mais dans des locaux séparés afin de ne pas être
perturbé par le bruit ambiant ou déranger par la curiosité des autres étudiants
sur le dispositif réservé aux déficients visuels. Une formation des assistants
en charge
des examens s’impose pour mieux remplir leur rôle face aux étudiants déficients
visuels qui ont besoin de beaucoup de concentration.
Une réflexion est en cours pour
créer des services adaptés pour les étudiants handicapés (SAEN) avec le
concours d’associations (Droit au Savoir : APF et AFM), en centralisant
les demandes d’aides, académies par académies.
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L’INPES (Institut National de Prévention et
d’Éducation pour la Santé) |
L’Institut, dans le cadre de la convention passée
avec le CNPSA, est en mesure, si l’État lui apporte les moyens humains
nécessaires (2 postes, dont un chargé de communication et un chargé
d’édition), de préparer un projet de campagne de sensibilisation avec la
participation sur appel d’offre d’agences de communication très spécialisées
sur le thème de l’information, le dépistage, la prévention, la prise en charge
de la déficience visuelle.
L’objectif d’une campagne médiatique
radio/télévision est avant tout de pouvoir toucher les gens qui ne se sentent
pas concernés. En terme de communication, l’INPES entend mettre l’accent, via
plusieurs courts métrages et spots radio, sur le côté inéluctable pour chaque
individu d’être confronté un jour avec la déficience visuelle.
La campagne concerne toutes les sphères sociales et
professionnelles dans la mesure où prévention et réponse aux besoins
spécifiques se côtoient.
L’INPES a d’ores et déjà entreprit l’élaboration
d’un guide en gros caractères pour 2009, destiné à la famille sur l’émergence
de la déficience visuelle.
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La CNSA (Caisse Nationale de Solidarité
pour l’Autonomie) |
La mission a entendu avec un immense intérêt Alain
Cordier à propos de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.
Tout au long de la mission, les différents
interlocuteurs ont mis l’accent sur les besoins de mise à disposition d’outils
adaptés et d’accompagnement humain ou financier des personnes déficientes
visuelles afin de faciliter leur inclusion dans le quotidien.
Sans rendre « in extenso » le rapport
annuel de 2007, il est bon de rappeler les grandes lignes du rôle de la CNSA
dans le nouveau champ de protection sociale d’aide à l’autonomie.
La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie,
installée en mai 2005, a pour mission « dans
la limite des ressources qui lui sont affectées, de contribuer au financement
de la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées et des
personnes handicapées dans le respect de l’égalité de traitement des personnes
concernées sur l’ensemble du territoire », en assurant ainsi que « toute personne handicapée a droit à
la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale qui lui garantit, en
vertu de cette obligation, l’accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les
citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté ».
La loi prévoit que la contribution financière de la
CNSA à l’installation et au fonctionnement des MDPH est subordonnée à la
conclusion d’une convention avec chaque département « visant à définir les objectifs de qualité de service pour la
MDPH et à dresser le bilan de réalisation des objectifs antérieurs ».
La CNSA a rencontré tous les présidents des cent
conseils généraux concernés par la loi du 11 février 2005, ou leurs
représentants. Ces entretiens auront abouti, d’ici la fin 2007, à la signature
de cent conventions personnalisées, adaptées aux contextes locaux. Elles ont
notamment pris en compte les demandes exprimées par les départements sur les
différents thèmes de collaboration technique avec la CNSA.
Les 15,3 milliards € du budget de la CNSA
contribuent à l’accompagnement des personnes âgées et handicapées, à domicile
ou en structures d’accueil (l’Espagne consacre 3 Milliards € provenant de la
loterie aux seuls aveugles qui ne sont que 45 000 en comparaison avec les 80
000 aveugles français).
Les recettes pros de la CNSA s’élèvent à 3
Milliards € (CSG : 1 Milliard € et CSA « lundi de Pentecôte : 2
Milliards €). 2 Milliards sont répartis entre les conseils
généraux (PCH : 500 millions et APA : 1,5 Milliards €). L’ONDAM
voté par le parlement : 12 Milliards € viennent compléter les
3 Milliards €, soit au total 15 Milliards € à destination des aides à la
personne et au fonctionnement des établissements. Le projet de budget
prévisionnel pour 2008 s’établit à 17 milliards et 43 M€. Il est en croissance
de 13,3 % par rapport au budget primitif de l’an passé (15 039 milliards €).
Actuellement sur les 500 M€ mis à disposition des
conseils généraux opérateurs choisis pour gérer les MDPH, seuls 170 M€ sont
consommés.
La mission relève que la loi ayant confié aux
départements l’accompagnement des personnes âgées et handicapées, il serait
bon, pour des raisons d’impartialité, que les décisions prises « in fine » par le parlement
soient étudiées par une instance neutre, en l’occurrence le Conseil Économique
et Social.
Parmi les dysfonctionnements
relevés dans certaines MDPH, on note :
La mission est consciente que la reconnaissance et
les salaires de certains métiers : travailleurs sociaux, infirmières etc.…
ne sont pas en rapport avec leur incontournable nécessité.
La CNSA, consciente de son rôle prépondérant dans la
prise en charge des personnes handicapées, a créé de nombreux outils permettant
d’améliorer l’évaluation des besoins et notamment la mutualisation des bonnes
pratiques départementales via des conférences mensuelles facultatives et des
stages de formation aux différents type de handicap.
Parmi les thèmes abordés
lors de ses sessions régulières on note :
Le recensement des besoins en 2006 a fait émerger
deux thèmes prioritaires : l’accueil des usagers et l’évaluation
pluridisciplinaire de leurs besoins.
En 2006, 198 personnes issues de 48 MDPH, ont
bénéficié de 23 jours de formation sur ces sujets.
Il convient de rappeler que la nouvelle station
de compensation du handicap est fortement individualisée.
Sur la base du guide d’évaluation
multidimensionnelle dénommé GEVA, réalisé par la DGAS et diffusé à titre
expérimental auprès des MDPH, un groupe de pilotage a testé cet outil.
La mission souhaiterais que le guide GEVA soit d’un
abord simplifié afin qu’il devienne compréhensible par tous sans risque
d’interprétation.
L’accompagnement des personnes et la mise en œuvre
du droit à la compensation relève d’une gestion de proximité assurée par les
conseils généraux. Il s’agit de même là d’une politique publique nationale dont
il revient à l’État de fixer les orientations. A cette fin, l’administration
d’État, au niveau central, doit être confortée dans sa capacité à ndre en
charge un certain nombre de fonctions de réflexion et de conception
stratégique. Il convient de renforcer les moyens d’action de la CNSA, dans son
rôle d’animation de « réseau » des acteurs locaux, d’échange
d’information, de suivi des indicateurs garantissant l’égalité de traitement,
de lieu d’analyse et de synthèse des exssions de besoins, d’instance
d’expertise sur les méthodes et les référentiels et enfin de gestion technique
des différentes enveloppes financières et péréquation définies au niveau
national.
La mission propose aux MDPH des conférences
trimestrielles à l’échelon régional afin que le social et l’économique se
croisent pour sortir les personnes handicapées d’un carcan protectionniste,
alors que la promotion de leurs compétences est l’un des enjeux majeurs de leur
pleine citoyenneté. Elle souligne fortement le rôle de guidance de la CNSA
auprès des départements qui n’ont pas toujours envisagé l’inclusion des personnes
déficientes visuelles comme la résultante des actions solidaires et de leur
implication dans le monde de l’économie.
Elle préconise à nouveau l’urgence de disposer dans
chaque grand pôle régional (7 pôles économiques) d’un représentant de l’État en
charge de l’évaluation et de la consolidation des liens entre les MDPH, les
régions et la CNSA. La gouvernance reste le domaine des conseils généraux mais
la guidance, dans un esprit d’efficacité et d’égalité de traitement, relève du
domaine de la CNSA.
La mission souligne que seuls les futurs centres
ressources régionaux (modèle Institut Montéclair) pourront jouer le rôle
d’évaluateur, de scripteur et de formateur.
La CNSA dans un souci de
modernité soumet à réflexion le concept de « Nouveau champ de protection
social », au lieu d’un 5ème risque, dans la lignée de ceux
afférents à :
La mission rappelle que le handicap n’est ni un
risque ni une fatalité mais une réalité avec ses réponses possibles aux besoins
spécifiques, mais aussi avec ses richesses générant des transformations de
société pour le bien de tous.
Ce nouveau champ de protection social serait en
mesure de traiter des réponses à apporter aux conséquences des déficiences,
mais aussi à l’aide à apporter aux « aidants » notamment à l’octroi
d’une retraite pour tout parent ayant soutenu un membre de sa famille en
indexant le montant de sa future retraite sur le montant des allocations diverses
versées tout au long de la vie de la personne handicapée.
La mission souligne le caractère inique de l’absence
de prise en considération du temps consacré tout au long de la vie à une
personne handicapée dépendante comme si cette prise en charge n’avait pas
représenté un réel travail.
En termes d’aides techniques le futur observatoire
de la CNSA permettra non seulement d’évaluer la technologie des produits mais
aussi d’en contrôler les offres tarifaires.
Dans le rapport de la CNSA de 2006, il était fortement
recommandé de fixer les aides techniques comme objectif prioritaires déclinés
en quatre points :
1. Rassembler les bases de
données existantes dans le cadre d’une « Métabase » et faciliter son
accès via un portail Internet (le site Internet d’information sur les aides
techniques, baptisé « Métabase » comndra trois bases de données à
savoir : celle du CERAH (Centre d’études et de recherche sur
l’appareillage des handicapés) du Ministère de la Défense, celle de la
Fondation Garches et celle d’Hacavie (Handicap et cadre de vie). La mission
souligne que seuls les centres ressources peuvent donner accès aux technologies
adaptées aux déficients visuels. La Finlande et l’Espagne fonctionnent de la
sorte dans l’intérêt général.
2. Approfondir la connaissance et
la compréhension de la formation des prix de certaines aides techniques.
3. Définir, dans le cadre de
l’Observatoire du marché et des prix des aides techniques créé par la CNSA, un
programme de travail à court et moyen terme.
Parmi les sujets abordés celui des maisons de
retraite reste en l’occurrence pour les déficients visuels un problème majeur.
Il n’est nullement question de maison de retraite uniquement pour déficients
visuels mais des établissements dotés d’aides techniques spécifiques et
d’encadrement humain dûment formé.
La mission sensible aux efforts développés par la
CNSA suggère que, hormis les sources financières déjà utilisées, le recours à
des fonds provenant de Fondations (très répandues au Royaume-Uni et aux USA)
permettrait de financer des programmes pour les déficients visuels qui, au
regard de la courbe du vieillissement, seront très nombreux d’ici 2030,
notamment en participant à la transformation de petits hôpitaux de proximité en
maison de retraite. Ce projet déjà évoqué par certains serait d’un coût de 4 à
5 milliards € dont 2 milliards € proviendraient de la transformation de
structures souvent obsolètes en établissements (le vieillissement n’est pas, à
l’heure actuelle, la mière cause de dépense de santé au regard des actes
médicaux).
L’expérience du CHU de Nancy montre que les besoins
en termes de santé publique passe par la mise à disposition d’outils modernes
et adaptés.
La mission, très préoccupée par la lenteur de
certains décrets en passe d’être publiés, demande à ce que celui donnant accès
à la numérisation des documents administratifs soit une priorité afin que la
notion d’égalisation des chances nne toute sa signification. Idem pour les
fichiers source détenus par les éditeurs.
Une vraie politique du livre et du numérique doit se
mettre en place comme l’accès à la technologie afin que le handicap visuel
devienne un facteur de croissance.
La mission, inquiète des atermoiements des MDPH dus
au manque de formation des équipes labellisés et de l’absence de coordination
des MDPH entre elles, soutient l’idée que dans le cadre d’un nouveau champ de
protection social, les Maisons départementales des personnes handicapées
deviennent des « Maisons pour l’autonomie ».
Le conseil de la CNSA rappelle l’affirmation selon
laquelle « l’autonomie est, à l’évidence, une notion qui ne peut pas se
décliner dans les termes radicalement différents de part et d’autre de la
limite purement administrative, des 60 ans ».
Il convient donc d’aborder la question de
l’autonomie sous l’angle de la « convergence », c’est-à-dire de
l’approche des situations de handicap uniquement pour ce qu’elles sont, quel
que soit l’âge de celle ou celui qui les subit.
L’heure n’est plus à la stigmatisation mais à
l’inclusion des plus fragiles qui, au travers de leurs revendications et du
« dire » des personnes déficientes visuelles, nous tracent le chemin
de la modernité.
Conscient qu’un rapport ne s’écrit qu’à un instant
T, la mission souhaiterait réentendre certains intervenants
pour mesurer l’ampleur des mesures concrètes réalisées.
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Les MDPH (Maisons départementales des
personnes handicapées) |
Le fonctionnement des MDPH est
tributaire des équipes pluridisciplinaires, ce qui induit des réponses inégales
selon, comme on le constate dans certains départements, qu’une seule personne
doit faire face à plusieurs centaines de dossiers ou, à l’inverse, que
l’inspecteur d’académie missionne 7 équivalents temps plein (Calvados).
Il y a en tout 169 équivalents
temps plein relevant de l’Éducation
Nationale pour l’ensemble des MDPH, ce qui paraît totalement insuffisant.
Il n’y a pas de contrainte
d’embauche d’évaluateurs malgré l’enveloppe de la CNSA.
Certains départements n’ont pas
de MDPH ou, plus grave, l’ont supprimée sous l’emprise du conseil général qui
octroie les aides selon son bon vouloir.
Parmi les observations constatées
via le numéro azur, on relève le dysfonctionnement des MDPH. L’attente
téléphonique est insupportable nécessitant souvent l’appel et le rappel de
l’usager qui n’obtient r que l’annonce d’attente qui l’oblige renouveler cette
opération jusqu’à s’entendre de dire que la personne responsable n’est pas là.
On constate également une grande disparité parmi les MDPH suivantes :
Paris, Châlons-en-Champagne, Rhône, Guyane et Haute Corse.
La mission rappelle que le handicap n’est pas ni un
risque ni une fatalité mais une réalité avec ses réponses possibles aux besoins
spécifiques, mais aussi avec ses richesses générant des transformations de
société pour le bien de tous.
Ce nouveau champ de protection social serait en
mesure de traiter des réponses à apporter aux conséquences des déficiences,
mais aussi à l’aide à apporter aux « aidants » notamment à l’octroi
d’une retraite pour tout parent ayant soutenu un membre de sa famille en
indexant le montant de sa future retraite sur le montant des allocations
diverses versées tout au long de la vie de la personne handicapée.
La mission souligne le caractère inique de l’absence
de prise en considération du temps consacré tout au long de la vie à une
personne handicapée dépendante comme si cette prise en charge n’avait pas
représenté un réel travail.
En termes d’aides techniques, le futur observatoire
de la CNSA permettra non seulement d’évaluer la technologie des produits mais
aussi d’en contrôler les offres tarifaires.
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